Jean-Louis Roux 1923-2013 - Le monde du théâtre rend hommage à son grand disparu

Louisette Dussault et Monique Miller étaient au nombre de ceux venus honorer la mémoire de Jean-Louis Roux.
Photo: Michaël Monnier - Le Devoir Louisette Dussault et Monique Miller étaient au nombre de ceux venus honorer la mémoire de Jean-Louis Roux.

« Quand un comédien disparaît, ce n’est pas seulement un homme qui rend son dernier souffle, ce sont des souvenirs qui émergent, c’est une myriade de personnages qui rejaillissent… » Difficile de dire mieux pour décrire l’hommage rendu, dimanche après-midi, au comédien Jean-Louis Roux, décédé le 28 novembre dernier à l’âge de 90 ans. Sa famille et ses amis ne pouvaient faire autrement que de se rassembler au Théâtre du Nouveau Monde que Jean-Louis Roux et quelques-uns de ses camarades avaient fondé en 1951. Depuis son départ, le TNM est ainsi devenu « une maison orpheline de ses pères fondateurs » comme l’a si joliment souligné la comédienne Françoise Faucher.

 

La directrice générale et artistique du TNM, Lorraine Pintal, a toutefois assuré que son héritage allait être préservé. Pendant sa carrière, Jean-Louis Roux, qui s’est surtout fait connaître du grand public pour son rôle d’Ovide dans La famille Plouffe, a foulé plus d’une centaine de fois les planches du TNM. Il a incarné la plupart du temps des personnages de grands classiques, en plus d’avoir fait place à des auteurs québécois comme Claude Gauvreau, Denise Boucher ou encore Jacques Ferron. Il souhaitait, dit-on, « faire entrer au Nouveau Monde le monde nouveau. » Il voulait « qu’il y ait révolution dans la demeure ».

 

Homme de passion

 

Ses amis ont d’ailleurs raconté que Jean-Louis Roux était véritablement un homme de passion. Il n’avait pas peur de défendre ses idées et ses convictions même s’il savait qu’il ne faisait pas toujours l’unanimité. « C’était un homme extrêmement sensible, tendre et attentif. Il avait des colères fulgurantes, qui parfois duraient, mais c’était un homme de principe », a tenu à dire la comédienne Janine Sutto qui s’est targuée d’être sa plus vieille amie alors qu’elle l’a connu en 1940. Une autre amie de longue date, Monique Miller, a confié que Jean-Louis Roux était le « mentor de ses 15 ans » etqu’il lui avait transmis son amour du théâtre. Le comédien Normand Chouinard a pour sa part révélé que Jean-Louis Roux l’avait beaucoup influencé dans son jeu avec ses « interprétations chaudes, claires et lumineuses ».

 

Bien qu’il ne fût pas présent dans la salle,le comédien et humoriste Emmanuel Bilodeau avait enregistré un témoignage qui a fait sourire ses proches. Il a rappelé que, derrière l’homme de droiture et de rigueur, Jean-Louis Roux était parfois « cabotin. »« Il aimait raconter des jokes, même si elles n’étaient pas toujours drôles », a-t-il lancé. Sur un ton plus sérieux, l’épouse du premier ministre Jean Chrétien, Aline Chrétien, a rappelé que Jean-Louis Roux avait aussi donné quelques années de sa vie à la politique en tant que sénateur. Plus tard, il a aussi occupé le siège de lieutenant-gouverneur du Québec.