Le Théâtre Paradoxe ouvre ses portes dans le Sud-Ouest montréalais

Une fois les aménagements terminés, le futur théâtre proposera quatre configurations possibles.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Une fois les aménagements terminés, le futur théâtre proposera quatre configurations possibles.

Une nouvelle salle de spectacles ouvre ses portes dans le sud-ouest de Montréal. Le Théâtre Paradoxe donnera une seconde vie à la fois culturelle et sociale à l’église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, dans le quartier Ville-Émard.

 

La salle multifonctionnelle offrira des spectacles dès l’hiver, s’inscrivant dans le virage culturel de l’arrondissement des dernières années. Les revues musicales, concerts et cabarets dominent pour l’instant la programmation, pour rejoindre un public bilingue. L’humour et le cirque pourraient s’y faufiler. Paris - New York, production Juste pour Rire qui revisite les grands succès des comédies musicales, baptisera officiellement la nouvelle scène en février. Le groupe The Lost Fingers y aura déjà livré quelques soirées en formule souper-spectacle pendant les Fêtes. Et la revue musicale Crocodile Rock est prévue le 24 janvier.

 

Luc Laperrière, directeur général du théâtre, promettait une programmation axée sur le « développement de la relève et le divertissement », expliquait-il lundi lors du lancement. C’est le producteur Pierre Pagé qui en assurera la direction artistique. Une fois les aménagements terminés, le futur théâtre proposera quatre configurations possibles - banquet (capacité : 350 places) ; cabaret (602) ; loft (850) ; et à l’italienne (682).

 

Les bancs d’église feront place - ils sont d’ailleurs à vendre, avis aux intéressés - à trois plateaux en escaliers pour accueillir les sièges ou les tables. De chaque côté de l’ancienne nef seront installés une cuisine d’appoint et un bar. La scène pourra reproduire à peu près la boîte noire ou exhiber davantage l’architecture du lieu de culte. L’orgue Casavant est d’ailleurs toujours en place.

 

La transformation du lieu de culte a aussi une composante sociale et communautaire. Le presbytère sera bientôt converti en 12 logements pour les jeunes en insertion. Le Groupe paradoxe, qui mène le projet depuis 2010, est une entreprise de réinsertion sociale qui oeuvre dans le domaine du spectacle et de l’événementiel depuis 1997. Elle offre un programme d’emploi de 30 semaines aux jeunes décrocheurs et autres 18-35 ans sans travail ou sans domicile fixe. Ceux-ci formeront l’équipe d’assistants techniques du théâtre.

 

Parrain du nouveau théâtre, le pianiste Alain Lefèvre, qui a grandi dans le quartier Ville-Émard, a salué l’initiative socioculturelle, gage d’espoir pour les jeunes enclins au cynisme selon lui. « Dans la possibilité de faire de l’art, il y a une rédemption », a-t-il plaidé.