Zoofest - Bam! Pow! Zap! et absurde pixelisé

Samuel Côté, alias Thierry Ricourt, agent très spécial d’Interpol Marseille (photo tirée des capsules vidéo Les incroyables aventures de Thierry Ricourt sur grand écran).
Photo: Zoofest Samuel Côté, alias Thierry Ricourt, agent très spécial d’Interpol Marseille (photo tirée des capsules vidéo Les incroyables aventures de Thierry Ricourt sur grand écran).

C’est quasiment là qu’il a fait ses premiers pas et, du coup, c’était l’espace de création idéal pour le rappeler à notre bon souvenir. Après trois ans de silence, ou presque, Thierry Ricourt, caricatural agent plutôt spécial des forces de l’ordre internationales Interpol Marseille, remet sa délirante existence en jeu, dans le cadre du festival Zoofest, en quittant en partie l’univers de la scène pour investir désormais celui du septième art.

Le truc s’appelle Les incroyables aventures de Thierry Ricourt sur grand écran. Il livre également depuis quelques jours au Théâtre La Chapelle, dans une formule hybride alliant projections de capsules vidéo et microsaynètes, une mutation loufoque et convaincante de ce comique cartoonesque, absurde et sans danger.

 

Changement dans la continuité, Thierry Ricourt - incarné par Samuel Côté - s’y retrouve au coeur d’une série d’aventures forcément folles, et savamment découpées pour répondre à cette fascination très contemporaine pour les formats courts, qui vont le conduire, depuis les bureaux de cette drôle de police, au Mexique, puis à New York. L’arrivée dans cette équation, qui provoque le rire par l’addition frénétique de références aux séries télé américaines des années 1970 et à la bande dessinée, de Tanguy Champagne, stagiaire canadien campé par le désopilant François Morin, va nourrir ici l’inepte et l’extravagant.

 

Sans prétention, mais portées de manière rigoureuse par une jolie brochette d’artistes qui maîtrisent à la perfection la relecture de codes narratifs délicieusement surannés, ces nouvelles aventures de Ricourt, qui s’était montré la burlesque binette au Zoofest cuvée 2010, dans une formule cabaret déjantée, réchauffent une formule, certes, mais le fait en évitant les ornières de la facilité et du mimétisme sans autre substance. Elles carburent également, à l’évidence, à l’énergie créatrice de Marie-Lise Chouinard, une des têtes pensantes de ce projet, qui assure la réalisation de ces capsules, entrecoupées d’interventions scéniques saugrenues à saveur faussement publicitaire, qui forment au final une production web-o-télévisuelle, dont la solidité ne laisse aucun doute sur la suite du scénario.

 

À l’image d’un Thierry Ricourt jeté dans une geôle mexicaine subtilement baptisée « Prison de l’oubli », ses aventures, désormais pixelisées, exposées pour trois autres soirs encore à compter de lundi prochain à Montréal, ne devraient certainement pas rester coincées là. Et le pilote Everest, autre caricature du héros suffisant mis au monde dans cet univers, n’en sera que partiellement responsable.

À voir en vidéo