Théâtre - Danse cochonne

Moins de mots, plus de… danse ; voilà le pari des concepteurs de la 5e soirée des Cochons d’or, remise de prix annuelle qui se déroulait jeudi soir aux Écuries. Organisé par Carte Prem1ères, la formule d’abonnement réunissant désormais chaque saison plus d’une trentaine de compagnies de théâtre, l’événement délaissait l’habituelle formule protocolaire du gala au profit d’une approche que l’on souhaitait plus festive.

Cris de ralliement, coups de gueule, autodérision : les précédentes éditions des Cochons d’or avaient souvent donné lieu à des mariages joyeusement grinçants entre humour et engagement. En ce 5e anniversaire, les trois zazous du Théâtre du Futur (Clotaire Rapaille, l’opéra rock) Olivier Morin, Guillaume Tremblay et Navet Confit, appuyés par DJ Naes et la chanteuse Ines Talbi, visaient plutôt à recréer l’ambiance des meilleurs « partys de cégep ». Blagues potaches, costumes loufoques et traductions françaises de succès anglophones comme Rythm Is a Dancer et 2 Legit 2 Quit, le tout servi à la sauce kitsch, donnèrent le ton à cette soirée.


Au sommet du palmarès


Les trois productions nommées pour le Cochon d’or du meilleur spectacle cumulaient à elles seules 16 nominations. C’est Mommy, écrit, co-mis en scène et interprété par Olivier Choinière, qui a récolté les grands honneurs, en plus de repartir avec les statuettes porcines soulignant la qualité de ses costumes et de sa conception sonore, ainsi qu’avec le Cochon du peuple, attribué par les abonnés de Cartes Prem1ères. Mélange de pamphlet politique, de concert rap et de film de morts-vivants, cette dénonciation de toutes les nostalgies conservatrices sera reprise aux Écuries en novembre prochain.


La jeune-fille et la mort, que le Bureau de l’APA vient de reprendre dans le cadre du Festival TransAmériques, a pour sa part valu à ses créateurs les Cochons de la coopération (cohésion de l’équipe sur scène), le Cochon vedette (meilleur acteur, ex aequo), ainsi que le prix de la Direction de cochons (mise en scène) remis à Laurence Brunelle-Côté et Simon Drouin, orchestrateurs de cette percutante adaptation des écrits du collectif Tiqqun sur les ravages de la société de (sur)consommation. Les artisans de Scalpée, la belle pièce d’Anne-Marie Olivier mise en scène par Véronique Côté, sont repartis avec les tirelires soulignant l’excellence en scénographie et en éclairage-projection vidéo, en plus de récolter trois autres nominations. Ces deux productions, créées par des compagnies de Québec, avaient été accueillies à l’Espace Libre au cours de la dernière saison.


La cérémonie de remise de prix, entrecoupée de quelques performances musicales, aura été rapidement expédiée en moins de 90 minutes, avec une diligence parfois presque brutale. Seules deux attributions ont donné lieu à des discours : le Noble Cochon de la pertinence sociale, remplacé cette année par l’annonce de la mise sur pied d’une commission Cochon visant à faire reconnaître les conditions d’exercice souvent précaires qui sont le lot des jeunes compagnies, et le Cochon lumineux, remis à l’ensemble des intervenants, artistes et organismes ayant contribué à la rédaction du document Vers une politique du théâtre professionnel pour les jeunes publics,dévoilé en février.


Peu de prises de parole, donc, outre ces deux interventions. Heureusement, les commentaires souvent fort éloquents que le jury a adressés par écrit à chaque gagnant, ainsi que la liste complète des lauréats, devraient être sous peu offerts à lire sur le site des Écuries.


 

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