Festival Petits Bonheurs - Un petit goût d’inachevé

Surprises en tous genres

Partout pourtant, les salles étaient pleines. À Montréal, dans la banlieue et dans tout le réseau jusqu’à Trois-Rivières et Sherbrooke, la plupart des spectacles étaient donnés à guichet fermé. La preuve est faite : Petits Bonheurs est un évènement populaire extrêmement couru qui répond à l’évidence à un besoin criant… d’autant plus que le festival a développé toute une série d’activités parallèles autour de la lecture et de l’animation culturelle. Étonnant que certains n’en aient pas encore saisi l’impact et l’importance. Enfin, certaines nécessités prennent plus de temps à s’imposer que d’autres…

Ce n’est toutefois pas là que le bât blesse le plus au moment de tracer le bilan de cette neuvième édition ; c’est plutôt dans ce petit goût d’inachevé qui caractérise l’ensemble de ce que j’ai vu au festival. Entendons-nous bien : les trois productions étrangères (Embrasser la lune, Pierre à Pierre, Chübichaï) et les déjà classiques Pomme, Une lune entre deux maisons et Les petits orteils faisaient toutes la preuve, à des registres divers, de l’invention et de l’exigence qui font du secteur jeunes publics un des pôles de création les plus vivants et les plus actifs. C’est plutôt le versant québécois de la programmation qui nous laissait sur notre faim.

J’aurai par exemple vu deux des trois bancs d’essai proposés cette année (Eaux, Là où j’habite)… et ces deux spectacles destinés aux bébés n’auraient pas dû se retrouver dans la programmation d’un festival du niveau de Petits Bonheurs. La même impression globale d’inachevé, de « pas prêt », s’imposait aussi à la sortie de Plastique du Théâtre Puzzle, d’Élisapie et les aurores boréales du Théâtre Motus et de Pinocchio du Vox Théâtre ; comme si, dans chaque cas, on s’était contenté d’une bonne idée pour ensuite l’étirer, paresseusement oserais-je dire, durant trente ou quarante longues minutes. Triste.

Heureusement, une surprise totale m’attendait au détour : Clip, un solo de clown irrésistible de Philippe Trépanier - retenez ce nom, on en entendra certainement parler bientôt - mis en scène par Yves Dagenais. On ne sait jamais ce qui nous attend… mais au bout du compte, c’est quand même peu.

 

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