Festival Petits Bonheurs - Les rêves les plus intimes…

Ici, dans les Maisons de la culture montréalaises il s’est amorcé avec quatre spectacles donnés pratiquement à guichet fermé. Il est évidemment impossible de rendre compte « décemment », en plus de quelques phrases, de ces quatre productions dont trois (Embrasser la lune, Pierre à pierre et Contes pour les enfants de 1000 jours) visent les tout-petits sous la barrière des trois ans, alors que l’autre, Une lune entre deux maisons de Suzanne Lebeau, s’adresse précisément aux enfants de trois à cinq ans. Il faut donc choisir et comme j’ai raté le banc d’essai de l’Arrière-pays (Contes…), que je vous ai parlé de la nouvelle mise en scène de Marie-Ève Huot pour Une lune entre deux maisons il y a peu, tout comme de Pierre à pierre que vous connaissez depuis Questembert l’an dernier, c’est avec un plaisir non déguisé que nous reviendrons donc sur Embrasser la lune, ce petit chef-d’oeuvre mis en scène par Ève Ledig.

D’abord et surtout parce que c’est une production exceptionnelle qui repousse un peu plus la frontière de ce que l’on ose désormais proposer aux tout-petits. L’histoire qui s’adresse aux bébés dès dix-huit mois est pourtant toute simple ; on nous fait entrer tout doucement dans l’univers d’une petite fille installée sur une montagne de matelas - comme la princesse que l’on connaît. Elle s’endort difficilement, semble faire un cauchemar, se réveille et panique au point de se mettre à pleurer… puis elle se calme et se rendort. Le tout baigne dans une atmosphère feutrée, voilée, diaphane, où la lune se laisse deviner pendant qu’un personnage énigmatique, floue figure paternelle peut-être, passe et repasse en chantant un lied de Schubert. En allemand bien sûr. Point. C’est tout…

J’ai vu le spectacle à plusieurs reprises et, chaque fois, l’attitude des tout-petits, pendant et après la représentation, m’a littéralement soufflé ; comme s’ils voyaient s’ouvrir la porte de leurs rêves les plus intimes… même avec tout plein de gens tout autour. Fascinant. On vous souhaite de réussir à trouver des places puisque le spectacle roule durant une bonne quinzaine de représentations dans le réseau : après Montréal, il se dirigera du côté de Québec (aux Gros Becs), de Laval, puis de Beloeil (Arrière Scène).

On vous revient à la fin de la semaine avec un bouquet de spectacles et des suggestions pour le dernier week-end du festival.


 

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