Des perles et des larmes à Méli’Môme

Faisant allusion aux spectacles qu’elle a vus au festival, la polémiste québécoise a souligné l’importance d’offrir des propositions culturelles de haut niveau aux tout-petits - elle a parlé « d’éducation citoyenne » -, plutôt que de les limiter aux divertissements habituels. Il faut dire que la programmation du festival réussirait à convaincre même les plus difficiles.

 

Des flots d’émotion

Durant cette première semaine, les tout petits spectateurs ont en effet pu voir ici quelques perles. Couacaisse d’abord, une production de la compagnie Éclats - qui sera au Québec dans quelques semaines avec Mâ - s’adressant aux enfants de six mois à cinq ans. Le spectacle, qui allie dans un espace circulaire la musique contemporaine, le théâtre d’ombre et une foule d’objets, explore brillamment l’origine du geste musical chez les enfants.

On a aussi vu pour la toute dernière fois ce petit chef-d’oeuvre que sont Les mains dans la farine (dès 18 mois), puisque la compagnie Ramodal met fin à ses activités après trois spectacles exceptionnels en un peu plus de 15 ans ; Ramodal aura marqué l’histoire et surtout l’esthétique du théâtre pour bébés. Snif.

Autre forte proposition pour les tout-petits, Entre deux pluies (dès 18 mois) de la compagnie AK Entrepôt ; plastiquement très épurée, tout en noirs et en blancs, la production met en scène une comédienne qui danse sur des galets mouillés par la pluie. Fortes réactions garanties.

 

Les plus vieux ont pu se frotter aux deux premières productions québécoises présentées au festival. Le plus court chemin entre l’école et la maison (dès 6 ans) de Jean-Rock Gaudreault dans lequel Jacinthe Potvin remonte sur scène avec bonheur en plus de signer la mise en scène et surtout Vipérine (dès 9 ans) de Pascal Brullemans monté par Nini Bélanger. Ce spectacle - le coup de coeur du festival jusqu’ici - a suscité des concerts d’éloges et brassé beaucoup d’émotions chez les spectateurs de toutes les tranches d’âge. Notons pour la petite histoire que l’équipe de Vipérine y est parvenue même sans son décor bloqué dans un conteneur en Allemagne…

Il y a eu aussi plein d’autres choses admirables comme Au fond du bois dormant de Céline Schnepf (dès 5 ans) qui s’inspire du conte du Petit Poucet, Face nord, un truc inclassable entre le cirque, le théâtre et la gymnastique qui fait penser au Mur-mur du DynamO Théâtre… et surtout l’irrésistible Nosferatu du Bob Théâtre que l’on a eu l’occasion de voir au Québec à quelques reprises et qui fêtait à Méli’Môme sa première décennie de tournée.

Ça promet, alors que s’enclenchait lundi la deuxième semaine du festival.

Collaborateur

Michel Bélair est à Reims à l’invitation de Méli’Môme.

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