Sylvain Bélanger à la barre du Théâtre d’Aujourd’hui

Dans la longue lettre qu’il a adressée au comité de sélection, Sylvain Bélanger a écrit: «Le Théâtre d’Aujourd’hui, que je prends au pied de la lettre comme un lieu de parole nationale libre, se doit d’être un reflet déterminant de ce qui préoccupe les auteurs et les citoyens d’ici. Venir au Théâtre d’Aujourd’hui, c’est un peu comme prendre le pouls du Québec […]»
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Dans la longue lettre qu’il a adressée au comité de sélection, Sylvain Bélanger a écrit: «Le Théâtre d’Aujourd’hui, que je prends au pied de la lettre comme un lieu de parole nationale libre, se doit d’être un reflet déterminant de ce qui préoccupe les auteurs et les citoyens d’ici. Venir au Théâtre d’Aujourd’hui, c’est un peu comme prendre le pouls du Québec […]»

Les rumeurs allaient bon train depuis l’annonce en juin dernier du départ de Marie-Thérèse Fortin, celle qui dirigeait la maison depuis 2004. Les noms les plus divers ont eu le temps de circuler. Certains des créateurs pressentis étaient très connus du grand public, d’autres beaucoup moins. En ce sens, la nomination de Sylvain Bélanger au poste de codirecteur général et directeur artistique du Théâtre d’Aujourd’hui témoigne à la fois du discernement et de l’audace de l’équipe en place.

Né à Montréal en 1972, diplômé de l’École nationale en 1997, Sylvain Bélanger est metteur en scène, directeur artistique du Théâtre du Grand Jour et codirecteur artistique du théâtre Aux écuries. Au moment où paraît l’annonce d’un poste à combler au Théâtre d’Aujourd’hui, l’homme a déjà un agenda 2012-2013 très chargé : deux spectacles avec les étudiants du Conservatoire, la reprise des Mutants avec la Banquette arrière, celle de Yellow Moon avec la Manufacture, et L’enclos de l’éléphant, qui fera l’objet d’une coproduction entre le Grand Jour et un théâtre national à Saratov, en Russie.


« Bien entendu que j’ai pensé au casse-tête que ce serait du point de vue de l’organisation de mon temps, explique Bélanger. Mais le plus important c’était de savoir s’il s’agissait d’un tremplin qui me convienne. J’ai pris le temps de réfléchir pendant quelques semaines. Il fallait que je trouve le défi, mon défi, le point de rencontre entre ce qui me passionne depuis 15 ans et la mission première de ce théâtre. Je suis maintenant convaincu que ça s’inscrit dans mon parcours, que ça va me permettre d’aller encore plus loin avec de nouveaux outils. »


Intuitions et missions


Homme de son temps tout en étant passionné d’histoire, hautement préoccupé par le sort du Québec, considérant le théâtre comme un moyen privilégié d’appréhender le monde, Bélanger a pris l’habitue de donner à des auteurs ce qu’il appelle des missions. « Ce n’est pas une commande, explique-t-il. Ce sont des intuitions qui découlent d’une sensibilité, des pistes de réflexion. Je compte travailler de la même façon au Théâtre d’Aujourd’hui, être un directeur artistique entreprenant, qui prend des initiatives. En 2012, la création québécoise est partout, c’est pourquoi il faut positionner la maison autrement que comme celle de la dramaturgie québécoise. Je sens qu’il y a de la place pour un éditorial plus fort et c’est ce que je suis déterminé à instaurer. »


Dans la longue lettre qu’il a adressée au comité de sélection, notamment composé de Carole Fréchette, Olivier Kemeid, Anne-Marie Provencher et Gilles Renaud, Bélanger a écrit : « Le Théâtre d’Aujourd’hui, que je prends au pied de la lettre comme un lieu de parole nationale libre, se doit d’être un reflet déterminant de ce qui préoccupe les auteurs et les citoyens d’ici. Venir au Théâtre d’Aujourd’hui, c’est un peu comme prendre le pouls du Québec. […] Je crois en l’institution qui contribue à affirmer ce que nous sommes et choisissons de devenir. Nous vivons à une époque qui exige que nos choix de société soient affirmés et éclairés par la culture. » Voilà un parti pris pour le moins enthousiasmant.


 

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