Le retour de Castellucci et de De Keersmaeker

En Atendant, de la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker
Photo: Herman Sorgeloos En Atendant, de la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker

L'année des grands retours, ce sixième Festival TransAmériques (FTA)? Les cinq spectacles prédévoilés hier par l'équipe du festival donnent à le croire, alors que le metteur en scène italien Romeo Castellucci et la chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker, passés plus d'une fois sur nos scènes, y reviennent avec leurs œuvres récentes.

L'esthétique radicale du premier s'incarnera dans Sur le concept du visage du fils de Dieu, du 31 mai au 3 juin. Le théâtre du corps et de l'image de la Societas Raffaello Sanzio a pour sujet une icône de l'histoire humaine, Jésus. Mais le portrait annoncé est surtout celui, troublant, d'un homme en fin de vie, dont prend soin son fils. Sujet d'actualité dans nos sociétés vieillissantes et qui plonge au coeur de la condition humaine.

La dernière visite d'Anne Teresa De Keersmaeker à Montréal, en 2008, la voyait remonter sur scène pour interpréter Fase, une pièce de jeunesse. Avec les danseurs de sa compagnie Rosas, elle offre cette fois deux pièces de grand groupe, En Atendant (29, 30 mai) et Cesena (1er, 2 juin), créées à Avignon, l'une à la tombée, l'autre à l'orée du jour.

Elles explorent toutes deux l'ars subtilior, musique médiévale «extrêmement complexe, mais avec beaucoup de transparence, comme du cristal», selon les mots de la chorégraphe tirés d'une entrevue réalisée en amont de l'annonce par le FTA. Ces mots pourraient aussi s'appliquer à la danse d'ATDK, d'une abstraction qui nourrit le coeur et l'esprit.

Si les récents festivals ont exalté le concert chorégraphique, l'édition 2012 pourrait bien consacrer le choeur, dans la danse comme au théâtre.

Cesena, livré sur une musique entièrement a cappella — Chante avec moi d'Olivier Choinière, «grand coup de coeur de la dernière saison» théâtrale pour la directrice du FTA, Marie-Hélène Falcon —, prend de faux airs de comédie musicale pour aborder l'aliénation et le conditionnement social.

Reprendre cette performance théâtrale pour 50 acteurs créée à l'Espace Libre en 2010 est d'abord «un geste politique» pour Choinière, qui y scrute les «utopies» et «mécanismes qui agitent la cité», affirmait-il hier.

Une nouvelle création de Danièle Desnoyers

La FTA soutient chaque année des créations. Première en liste, Sous la peau, la nuit, de la chorégraphe Danièle Desnoyers (2, 3, 4 juin). C'est la deuxième création du Carré des Lombes que coproduit le FTA après Là où je vis, en 2008.

«Je m'intéresse à la nuit, à cet espace éminemment poétique, un espace de liberté», résumait la chorégraphe. Le généreux extrait livré en direct hier par les danseurs Bernard Martin et Karina Champoux annonce un bon cru.

Le reste de la programmation du FTA 2012 sera dévoilé le 26 mars prochain.