Point culminant des célébrations pour les 40 ans du Grand Théâtre de Québec

Dans la nuit du 14 novembre, le duo en arts visuels Doyon-Rivest a peint sur les murs extérieurs du Grand Théâtre un immense graffiti du mot «Liberté».<br />
Photo: Grand Théâtre de québec Dans la nuit du 14 novembre, le duo en arts visuels Doyon-Rivest a peint sur les murs extérieurs du Grand Théâtre un immense graffiti du mot «Liberté».

Québec — Les célébrations entourant le 40e anniversaire du Grand Théâtre de Québec (GTQ) culminent samedi dans un grand spectacle musical mêlant l'Orchestre symphonique, les chanteurs Pierre Lapointe et Robert Charlebois, la regrettée Barbara et plusieurs autres.

Véritable institution à Québec, le Grand Théâtre est le lieu de tous les spectacles de prestige; qu'on pense aux concerts de l'Orchestre symphonique, à ceux des vedettes de la chanson ou encore aux pièces du Théâtre du Trident, la plus grande compagnie dramatique de la capitale.

Mais pour souligner ses 40 ans, l'institution s'est mise en danger et a tout fait pour brasser la cage. Ainsi, dans la nuit du 14 novembre, le duo en arts visuels Doyon-Rivest a peint sur ses murs extérieurs un immense graffiti du mot «Liberté». Puis un midi, ce fut au tour de l'Opéra d'interpréter le Choeur des esclaves dans un centre commercial. La danse et le théâtre n'étant pas en reste, des interprètes du Fils d'Hadrien danse ont livré une prestation sur le toit de l'immeuble et des comédiens sont allés réciter du Shakespeare et du Marcel Dubé dans la rue.

Samedi, ce sera au tour de la musique de surprendre, du moins l'espère-t-on. «Le spectacle, c'est le point culminant», explique le directeur artistique de l'aventure, Martin Genest. «On a ouvert la porte aux artistes en leur disant: "C'est une fête. Qu'est-ce que vous avez envie de chanter?"»

Pierre Lapointe a répondu «Barbara», Ariane Moffatt, «Félix Leclerc». Des choix d'autant plus justifiés que ces artistes ont marqué l'histoire du GTQ, explique-t-il. D'autres ont privilégié l'inédit. Ainsi, Patrick Watson s'associe à la version réduite de l'OSQ pour interpréter une nouvelle composition. Robert Charlebois et son vieil ami Jean-Guy Moreau seront aussi de la partie, tout comme le pianiste Alexandre Tharaud, Catherine Major, Yann Perreau et Damien Robitaille, le tout sous la direction d'Alex MacMahon.

En ouverture, Martin Genest et son collaborateur musical, Louis Tremblay, se sont «payé la traite». «On a demandé à rencontrer Claude Péloquin, on l'a passé en entrevue et on l'a enregistré. [...] Puis on a créé une oeuvre musicale à partir de ses paroles sur des images vidéo.» Le résultat, dit-il, s'apparente à ce que le groupe Akido avait réalisé, il y a quelques années, à partir des enregistrements de Pierre Falardeau (Les humains).

Les mots de Péloquin sont littéralement gravés dans les murs du Grand Théâtre depuis que l'artiste Jordi Bonet a eu l'audace de faire écrire en grosses lettres dans le béton: «Vous êtes pas écoeurés de mourir bande de caves?» Le «Liberté» de Doyon-Rivest, c'est aussi un hommage à ce coup de gueule là.

Sinon, c'est à l'architecte Victor Prus qu'on doit la construction. Prus, un Canadien d'origine polonaise, avait aussi signé l'Autostade d'Expo 67 et la station de métro Bonaventure.

Avis aux intéressés: le petit historique des 40 ans sur le site du GTQ compte plus d'une révélation étonnante. On y raconte notamment qu'à l'origine, l'immeuble avait été vendu par le premier ministre Jean Lesage comme un monument pour souligner les 100 ans de la fédération canadienne...

Par ailleurs, ceux qui associent le lieu à la haute ville seront surpris d'apprendre qu'on l'a déjà destiné au parc Cartier-Brébeuf et au parc Victoria!

Mais revenons au spectacle commémoratif. Il a lieu samedi à compter de 20h dans la grande salle Louis-Fréchette. Et celui-là n'aura lieu qu'une seule fois.