Théâtre - Créations et solos

Marie Labrecque Collaboration spéciale
La joyeuse équipe d’Il Campielo, de Goldoni
Photo: Source Théâtre de l’Opsis La joyeuse équipe d’Il Campielo, de Goldoni

Ce texte fait partie du cahier spécial Rentrée culturelle 2011

Au sein d'une saison qui réserve la part du lion aux textes québécois, un «classique» d'ici attire d'emblée l'attention: HA ha!... La nouvelle production du fameux texte de Réjean Ducharme par le Théâtre du Nouveau Monde, en selle à la mi-novembre, connaîtra-t-elle le succès du spectacle de 1990? Le metteur en scène Dominic Champagne s'est à tout le moins allié à une distribution de premier choix: Anne-Marie Cadieux, François Papineau, Marc Béland et Sophie Cadieux. Par ailleurs, le directeur du Théâtre Il va sans dire se joint aussi à Pierre Lefebvre et à Patrice Desbiens pour composer les courtes pièces de Tout ça m'assassine, présenté début octobre à la Cinquième Salle.

Autre morceau attendu: une seconde plongée, après Jackie, dans l'univers fascinant d'Elfriede Jelinek. L'Autrichienne détourne les archétypes féminins des contes de fées dans Blanche-Neige & La Belle au bois dormant, monté par Martin Faucher dès le 13 septembre. C'est également à l'Espace Go qu'on devrait prendre plaisir à (re)voir Oulipo Show, à la mi-octobre. Pour marquer son trentième anniversaire, le Théâtre UBU reprend cette pièce-collage, avec les mêmes comédiens (Béchard, Chagnon, Meney et Panneton) qu'en 1988. Fin novembre, une autre troupe jubilaire, Imago Theatre, y souligne ses 25 ans avec une production bilingue québéco-écossaise: Ana, collaboration textuelle entre Clare Duffy et Pierre Yves Lemieux, mise au monde par Serge Denoncourt.

Un lot de créations...


La Licorne étrenne son bâtiment flambant neuf avec quelques oeuvres inédites. Le 11 octobre, Chaque jour inaugure la grande salle. La pièce de Fanny Britt bénéficie de l'une des trop rares mises en scène du directeur Denis Bernard. La Petite Licorne s'ouvre pour sa part, une semaine plus tôt, avec les retrouvailles attendues de l'«invincible» François Létourneau avec la scène. Avec La Fin de la sexualité, l'auteur de Cheech offre une comédie en forme de «docu-théâtre politico-sexuel»...

Dramaturge toujours à surveiller, Larry Tremblay pose une réflexion sur la transmission de la haine dans Cantate de guerre, fin septembre; Martine Beaulne y dirige notamment l'intense Paul Ahmarani. Aussi au Théâtre d'Aujourd'hui, Geneviève Billette (Crime contre l'humanité) titille notre curiosité en s'intéressant au mythique mathématicien Évariste Galois, qui sera campé par Benoit McGinnis dès le 8 novembre. Contre le temps est mis en scène par René Richard Cyr.

Parlant de personnage réel, la nouvelle pièce de Stéphane Brulotte offre un rôle potentiellement fort à Michel Dumont, celui d'un géant littéraire déchu. Dans l'ombre d'Hemingway prend l'affiche fin octobre, au théâtre Jean-Duceppe.

Le Quat'Sous mise sur la jeunesse pour ouvrir sa saison le 18 octobre, avec le baptême scénique d'un nouvel auteur, Éric Noël. Cette première oeuvre, Faire des enfants, a reçu le prix Gratien-Gélinas l'an dernier.

À partir du 11 octobre, le Nouveau Théâtre expérimental bâtit un Zoo 2011, intrigant spectacle déambulatoire sans acteurs professionnels. À l'Espace libre toujours, en décembre, Pascal Contamine se lance dans le premier volet d'une ambitieuse fresque mythologique avec Pharmak(ha)os.

Et un peu de répertoire étranger

Si l'automne est plutôt avare de grands classiques, on est intrigué par la démarche d'Anne Millaire qui propose L'Illusion de Corneille en version slam! À entendre dès le 11 novembre, au théâtre Denise-Pelletier (TDP). Et signalons, en octobre, une nouvelle mouture de L'École des femmes de Molière, au TNM. Yves Desgagnés a fait de Guy Nadon et Sophie Desmarais son couple principal.

Après une reprise de son jouissif Il Campiello (au TDP, fin septembre), le Théâtre de l'Opsis poursuit son Cycle italien en faisant découvrir un texte contemporain de l'Italo-Suisse Emanuelle delle Piane: Les Enfants de la pleine lune sera présenté chez Prospero, à partir du 25 octobre. Pour ouvrir sa saison, le 13 septembre, le Rideau vert mise sur un auteur cubano-américain, Nilo Cruz. Suivant une famille d'émigrés dans la Floride des années 20, Anna sous les tropiques a remporté le prix Pulitzer en 2003.

Seuls... mais nombreux

Le solo est en vogue, d'autant qu'il permet aux spectacles de voyager plus facilement. Fin octobre, l'Usine C accueille ainsi les intimes Récits de juin, de l'Italien Pippo Delbono (Questo buio Feroce). Tandis que le Français Serge Merlin fera entendre son adaptation du dernier roman de Thomas Bernhard, Extinction, au Prospero, dès le 26 septembre.

On aura attendu longtemps le deuxième spectacle solo de Marcel Pomerlo. Presque une décennie après l'encensé L'INOUBLIÉ ou Marcel Pomme-dans-l'eau, voici donc GAËTAN (pièces à assembler à la maison), créé le 28 novembre, au Quat'Sous.

Signalons aussi Ailleurs, où Kevin McCoy, Américain installé à Québec, aborde un thème intéressant qu'il connaît bien: l'immigration. Fin novembre à La Licorne.

Les inclassables

Marie-France Marcotte et Larissa Corriveau donnent voix à la poétesse Emily Dickinson, sous la direction d'Oleg Kiseliov. Dès le 21 septembre, à La Chapelle.

Véritable histoire familiale, que cette création intime d'Angela et Lucie Laurier, qui met aussi en scène leur frère schizophrène, Dominique. Créé en France, J'aimerais pouvoir rire tient l'affiche de l'Usine C du 16 au 19 novembre.

Notre collègue Sylvie Nicolas a écrit beaucoup de bien de Cabaret Gainsbourg, créé le printemps dernier au Périscope par la troupe de Québec Pupulus Mordicus. À voir début décembre à la Cinquième Salle.

Reprises notables

Celle de Fusil de chasse en septembre n'en est pas vraiment une, puisque la réputée Japonaise Miki Nakatani y prend la relève de Marie Brassard. Cette dernière rejoue, aussi à l'Usine C, son Moi qui me parle à moi-même dans le futur fin novembre. Le puissant Blackbird est redonné au Prospero, dès le 8 septembre. C'est reparti pour Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent, à la Cinquième Salle, les 24 et 25. En novembre, Au champ de Mars reprend du service au Rideau vert et L'Affiche de Philippe Ducros retourne à l'Espace libre.

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Collaboratrice du Devoir

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