Saison 2011-2012 du Théâtre d'Aujourd'hui - Place à la création

C'est à une quasi-douzaine de textes tout neufs que nous conviera le Théâtre d'Aujourd'hui la saison prochaine: cinq spectacles dans la grande salle et six dans la salle Jean-Claude-Germain rénovée, à l'étage. C'est ce qu'annonçait hier en fin d'après-midi Marie-Thérèse Fortin dans ses locaux, rue Saint-Denis.

Sur la même lancée, la «patronne» faisait aussi connaître les deux nouvelles compagnies accueillies en résidence: le Théâtre des Fonds de tiroir de Frédéric Dubois et les Trois Tristes Tigres d'Olivier

Kemeid — qui sera par ailleurs l'auteur en résidence tout au long de la saison.

La directrice artistique et générale du Théâtre d'Aujourd'hui précisait aussi que deux des spectacles de la compagnie sillonneraient encore une fois les routes du Québec (La Liste et Belles-Soeurs) et même celles de l'étranger puisque la version musicale de la pièce de Tremblay sera présentée au Théâtre du Rond-Point à Paris. Mais voyons d'abord un peu plus en détail le programme de la saison.

Mille et une vies

Une chose frappe: dans les deux salles, la création est à l'honneur. Au rez-de-chaussée, quatre créations alors que la cinquième pièce est un Réjean Ducharme joué trop peu souvent. À l'étage: six créations, tous des textes d'ici. Presque du mur à mur...

Tout s'amorce fin septembre avec un nouveau Larry Tremblay mis en scène par Martine Beaulne: Cantate de guerre. L'auteur explique qu'il pensait depuis longtemps à se pencher sur la guerre et que la lecture d'un livre d'Anna Politkovskaïa (Tchétchénie, le déshonneur russe) l'a amené à s'interroger sur les liens entre le théâtre et la guerre et à vouloir dénoncer l'escalade de la haine raciale. À prévoir une série de grandes respirations.

Début novembre, René Richard Cyr met en scène un nouveau texte de la prolifique Geneviève Billette: Contre le temps. La pièce nous fait plonger dans le temps pour nous présenter un génie, Évariste Galois, un mordu d'algèbre et de pensée scientifique auquel une impressionnante distribution se chargera de redonner vie.

De l'autre côté des Fêtes déjà, Olivier Kemeid nous attend avec Moi, dans les ruines rouges du siècle, un texte qu'il écrit et met en scène à partir de conversations avec Sasha Samar qui a vécu au moins mille vies entre les mines de l'Ukraine communiste, la chute du mur de Berlin et Tchernobyl.

Fin février, Frédéric Dubois signe la mise en scène très attendue d'Inès Péré et Inat Tendu; l'odyssée de Ducharme sera défendue par une cohorte de jeunes comédiens que l'on a trop peu souvent l'occasion de voir ici. Puis, en avril, la saison se conclut avec un tout nouveau texte de Carole Fréchette: Je pense à Yu qui sera mis en scène par Marie Gignac qui vient concrétiser encore plus la grande présence des gens de Québec dans cette forte saison.

Quant à la salle Jean-Claude-Germain, on y verra de jeunes compagnies comme à l'habitude — Théâtre sans domicile fixe, Théâtre de la pacotille, Simoniaque Théâtre, Catfight et Biches perdues — et une coproduction entre le Théâtre Harpagon et les Gens d'en bas.