Bertrand Cantat ne montera pas sur scène au Canada

Lorraine Pintal a indiqué que Wajdi Mouawad devrait annoncer le 18 avril, à Ottawa, s’il annule complètement les représentations de sa pièce au pays, ou s’il les maintient sans Cantat.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Lorraine Pintal a indiqué que Wajdi Mouawad devrait annoncer le 18 avril, à Ottawa, s’il annule complètement les représentations de sa pièce au pays, ou s’il les maintient sans Cantat.

Le chanteur Bertrand Cantat ne se produira pas sur les planches du Théâtre du Nouveau Monde (TNM) de Montréal l’an prochain, a annoncé cet après-midi la directrice artistique et générale du TNM, Lorraine Pintal.

Le rockeur, qui avait été recruté par le dramaturge Wajdi Mouawad pour assurer la portion musicale de la production «Le cycle des femmes» de Sophocle, ne participera pas non plus aux représentations du Centre national des arts (CNA) d’Ottawa, a ajouté Mme Pintal lors d’un point de presse très couru par les médias.

Mme Pintal a indiqué que Wajdi Mouawad devrait annoncer le 18 avril, à Ottawa, s’il annule complètement les représentations de sa pièce au pays, ou s’il les maintient sans Cantat.

En 2003, Bertrand Cantat a écopé d’une peine d’emprisonnement de huit ans pour l’homicide involontaire de son ancienne compagne, l’actrice Marie Trintignant. L’annonce de sa participation a suscité une vaste polémique au Québec, mais également en France, où le père de l’actrice, Jean-Louis Trintignant, a publié un communiqué au vitriol dans lequel il indiquait qu’il ne foulerait pas les planches dans un événement où se produit «l’homme qui a tué sa fille».

Un peu plus tôt aujourd’hui, l’ancien leader de Noir Désir a annoncé qu’il renonçait à prendre part au festival de théâtre d’Avignon. Dans un communiqué, le chanteur avait indiqué que «pour des raisons personnelles et par respect pour la douleur de Jean-Louis Trintignant», il avait «choisi de ne pas participer aux représentations de la pièce »Des femmes» lors du festival d’Avignon.

De ce côté-ci de l’Atlantique, les politiciens québécois s’étaient également mêlé du débat. Sur la scène politique provinciale, le chef adéquiste Gérard Deltell avait déclaré à l’Assemblée nationale que Cantat n’était «pas le bienvenu» au Québec. Du côté fédéral, c’est la conservatrice Josée Verner qui s’était élevée contre sa venue.

Depuis le début de la semaine, Lorraine Pintal avait défendu sur plusieurs tribunes le choix artistique de Wajdi Mouawad. Ce dernier «ne fera pas de déclaration pour le moment», a annoncé son agente française, Dorothée Duplan.
7 commentaires
  • Martin Dufresne - Abonné 8 avril 2011 16 h 33

    Avez-vous honte? Pas moi.

    Il y a quelques personnes qui multiplient des commentaires culpabilisants sinon franchement haineux dans les "médias sociaux" à l'égard des femmes et des hiommes qui ont tenu tête à ce projet de rédemption du meurtrier comme "personnage de tragédie (la direction du Festival d'Avignon, dont Cantat a eu le bon sens de se désister). Aller jusqu'à tenter de culpabiliser Jean-Louis Trintignant... faut le faire! Mais non, on ne peut pas TOUT imposer au monde, M. Mouawad.

  • d robidoux - Inscrit 8 avril 2011 17 h 40

    Bravo aux québécois

    Cantat a enfin compris que nous pouvons accepter sa réhabilitation mais pas à n´importe quel prix.
    Si juridiquement il est pardonné , il lui reste à se faire encore discret auprès de la conscience morale du public.
    Quant à Mouawat ,qui continue à se terrer,il est descendu dans mon estime de plusieurs crans.Malgré son talent ,il aurait aussi intéret à diminuer son égo et faire preuve de courage en expliquant aux médias ses motivations dans cette affaire.

  • ysengrimus - Inscrit 8 avril 2011 18 h 07

    Un seul hic

    Affaire réglée, bon, excellent.

    Un seul hic. Un hic générique. Une personne ayant un casier judiciaire peut pas entrer au Canada? Pardon? Qui applique cela et depuis quand?
    Paul Laurendeau

  • Isabelle Robillard - Inscrite 8 avril 2011 21 h 50

    M. Mouawad, l'intellectuel

    Moi aussi, M. Mouawad vient de prendre une sacré débarque dans mon estime. Ça m'a complètement ôté le goût de voir son film Incendie...

    Déjà, cette lettre un brin prétentieuse et d'une violence inutile m'avait laissé quelque peu perplexe:

    http://www.ledevoir.com/culture/livres/311117/thea

    Ouaip! Le gars carbure au mauvais goût.

  • tram - Inscrit 8 avril 2011 22 h 47

    Les biens pensants

    C'est étonnant la rapidité avec laquelle les héros d'ici (ceux qui parlent pour les autres) s'expriment et donnent des leçons de morale, oui quel courage.

    Personnellement je ne suis pas à l'aise avec ce projet de Wajdi Mouawad, même si je sais qu'il aborde souvent des sujets dérangeants, que l'on est dans le domaine du théatre et qu'on est libre d'aller ou pas voir la pièce.

    Pour moi, cette décision est une censure, ni plus ni moins.