Pour les 60 ans du TNM, une saison classique et moderne

En relâche de son solo Madame Louis 14, au Rideau-Vert, Lorraine Pintal était en feu, hier soir au TNM, pour annoncer la saison 2011-2012 et le début des activités des 60 ans de la compagnie fondée en 1951 par Jean Gascon et Jean-Louis Roux. Son leitmotiv? «Traverser le temps avec des œuvres du répertoire.»

Tout d'abord, on honore «l'auteur maison»: Molière, dont L'Avare, avec et dans une mise en scène de Gascon, inaugurait la troupe du TNM. Cette fois, on aura droit à L'École des femmes, remise au parfum du XXIe siècle («Rien n'est plus neuf que Molière», aimait dire Louis Jouvet) par Yves Desgagnés, avec entre autres Guy Nadon et Sophie Desmarais qui joueront Arnolphe et Agnès.

Ensuite, dès le 15 novembre, Réjean Ducharme (HA ha!...) revisité par Dominic Champagne. Le hasard fait que cette pièce (qui jette un regard féroce sur «notre médiocrité», selon Champagne) ouvrira le jour du 35e anniversaire de la première victoire du Parti québécois. À l'affiche, quatre énormes pointures: Anne-Marie Cadieux, Marc Béland, François Papineau et Sophie Cadieux.

L'année 2012 s'amorcera dans la farce avec Le Dindon de Feydeau, mise en scène par un maître du genre, Normand Chouinard qui dirigera une troupe de génies comiques, dont Carl Béchard, Rémy Girard, Violette Chauveau, Véronique Le Flaguais... Puis, le grand rôle de Shakespeare après Hamlet: le roi Lear sera défendu par le grand Gilles Renaud. L'Histoire du roi Lear, dans une nouvelle traduction de Normand Chaurette, sera mise en scène par Denis Marleau, dès le 13 mars. Mentionnons que Jean-Louis Roux, qui a été Lear sur les mêmes planches, interprétera le petit rôle du Passeur durant les premières représentations. Ensuite, le personnage sera confié à tour de rôle à 20 actrices et acteurs de 80 ans et plus!

Bien sûr, cette saison se terminera avec ce «cycle des femmes» des trois tragédies de Sophocle revisitées par Mouawad. Outre la collaboration de Bertrand Cantat comme musicien dans le choeur, Sylvie Drapeau incarnera les personnages mythiques de Clytemnestre et de Déjanire; Emmanuel Schwartz jouera dans la trilogie complète, que le public pourra voir en intégralité (5h30) le week-end, ou en pièces détachées, la semaine (dès le 4 mai 2012).

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Collaborateur du Devoir
1 commentaire
  • René Brisebois - Inscrit 5 avril 2011 13 h 49

    de l'usage du pardon et de la mauvaise foi des artistes

    " Seuls les victimes ont le droit de pardonner ", disait un survivant de la solution finale mise en oeuvre par les Nazis.

    Pour parler québécois, Pintal et Mouawad jouent ici aux "smatts" - ce qui n'est pas nouveau semble-t-il pour le second - en invitant l'assassin de Marie Cantat à oeuvrer au sein de l'illustre institution. Ceux qui défendent le droit au pardon confondent le pardon légal et le pardon moral. Le premier dépend du système judiciaire, l'autre n'est accessible qu'aux prétentieux qui osent décider aux noms des victimes. J'invite les Montréalais à montrer leur mécontentement en protestant et en boycottant la pièce. En ce qui me concerne, je compte me faire rembourser ma paire de billets pour la prochaine pièce de notre metteur en scène intouchable, Temps, que je devais voir au CNA.