Ces parfaits salauds

Si «on ne naît pas femme; on le devient», la vision trompeuse que les hommes portent sur le sexe opposé en serait responsable. Voilà sans doute l'une des grandes leçons de la révolution féministe en Occident. Dans Histoires d'hommes, c'est au tour des femmes de prendre leur revanche. Elles nous racontent leurs expériences sexuelles et sentimentales avec les hommes. Et, comment dire, on est très loin du prince charmant!

Dans cette pièce de l'auteur français Xavier Durringer (adaptée et habilement mise en scène par Miguel Doucet, à la salle intime du Prospero), tous les personnages féminins témoignent de leurs pénibles relations avec les hommes. Ceux-ci, bien qu'invisibles, sont de parfaits salauds que les femmes pourchassent malgré tout. Parce que «rien n'est rose» dans la vie; et qu'il faut se faire une raison pour ne pas être seule...

Cela dit, la production est intéressante à plusieurs niveaux. Miguel Doucet signe ici le dernier volet d'une trilogie sur les femmes. Il semble fasciné par la psyché féminine, sa richesse et sa complexité. À travers une série de monologues, de chansons et de saynètes, la pièce nous fait passer de l'humour au drame, de la violence à la tendresse, en passant par la poésie.

Le texte est solidement livré par trois actrices débutantes et étonnantes. Elles doivent jouer plusieurs personnages variés et extrêmes (putain, mère, dragueuse, junkie, blonde soumise), à deux pas du public, en changeant constamment de costume ou de situation.

Nommons-les donc: Pénélope Jolicoeur, Véronique Pascal (qui nous livre avec aplomb un rap, Finesse masculine) et Debbie Lynch-White. Cette dernière, diplômée depuis 2010 seulement, est une actrice atypique. Elle est loin d'avoir le physique d'une nymphe, mais son jeu dégage de la finesse, de la lumière, de la séduction. Debbie Lynch-White a le tempérament d'une actrice douée et déterminée. On hâte de la revoir ailleurs.

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Collaborateur du Devoir


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