In extremis au Rideau vert - Y a-t-il un metteur en scène dans la salle?

Huit ans après Irma la douce, Karine Vanasse est Marjolaine dans In Extremis.
Photo: Jean-François Hamelin Huit ans après Irma la douce, Karine Vanasse est Marjolaine dans In Extremis.

Ce n'est pas d'avocats ou de policiers que les personnages d'In extremis ont besoin au Rideau Vert... mais d'un metteur scène. On n'a pas vu depuis longtemps production aussi gauche, approximative, qui frise par moments l'amateurisme, dans ce théâtre. Dommage pour Karine Vanasse et ses complices sur scène.

Pourtant sur papier, c'était un bon choix pour la star de 27 ans, qui remonte sur les planches huit ans après Irma la douce. Depuis les années 1980, Extremities (le titre anglais) est produite par des compagnies de divers horizons, tant à Broadway que sur les campus universitaires. Le texte — sans être un chef-d'oeuvre d'écriture et de subtilité — demeure un bon véhicule pour des acteurs. La pièce est à la fois physique et psychologique, violente et comique, pleine de revirements. De plus, elle est portée par des personnages multidimensionnels. Les rôles de victime ou de bourreau, de personne soumise ou de manipulateur, sont interchangeables.

Après qu'un homme (Sébastien Gauthier) a forcé son domicile pour tenter de la violer, Marjolaine (Karine Vanasse) parvient à le maîtriser, puis à le ligoter. Lorsque ses deux colocs rentrent à l'appartement, elles découvrent avec effroi l'état des lieux. Les femmes tentent de raisonner leur amie et lui demandent d'appeler la police. Or, Marjolaine s'est transformée en monstre assoiffé de vengeance...

Hélas, ce drame intense se transforme en mauvais sketch sous les mains de Jean-Guy Legault, qui a erré dans sa mise en scène. Les actrices semblent chercher leurs places sur scène, ou sont figées comme des poteaux. L'agresseur trône au beau milieu du décor enchaîné, alors qu'il devrait être en retrait: ce qui expliquerait pourquoi les amies de Marjolaine ne le voient pas en arrivant. Et le décor (une maison en bardeaux) tourne comme un carrousel afin de nous montrer l'extérieur, les rideaux qui volent au vent, la galerie... alors que la pièce est un huis clos !

Dans ces circonstances, sans vision ni direction, c'est difficile pour des interprètes de trouver la vérité de leur personnage. Ils sauvent les apparences en allant chercher des émotions qui sonnent, au mieux, sincères; au pire, caricaturales.

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Collaborateur du Devoir

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