Comédie musicale - Du bonheur à revendre

Les enfants (de gauche à droite): Marie-Pierre De Brienne (Liesl), Jérémie Boivin Côté (Friedrich), Frédérique Cyr Deschênes (Louisa), Marco Bocchicchio (Kurt), Frédérique Mousseau (Brigitta), Audrey-Louise Beauséjour (Marta), Alexandra Sicard (Gretl) chantent avec Florie Gauthier-Valiquette (à droite) dans le rôle de Maria, dans une scène de La Mélodie du bonheur.
Photo: festival juste pour rire Les enfants (de gauche à droite): Marie-Pierre De Brienne (Liesl), Jérémie Boivin Côté (Friedrich), Frédérique Cyr Deschênes (Louisa), Marco Bocchicchio (Kurt), Frédérique Mousseau (Brigitta), Audrey-Louise Beauséjour (Marta), Alexandra Sicard (Gretl) chantent avec Florie Gauthier-Valiquette (à droite) dans le rôle de Maria, dans une scène de La Mélodie du bonheur.

Malgré ses décors en carton-pâte et une adaptation très classique, La Mélodie du bonheur, de Denise Filiatrault, fait mouche: elle instille une joie de vivre contagieuse, fidèle au succès enfanté par Broadway en 1959 et relayé par le film de Robert Wise en 1965. Du bonheur à revendre.

Le très beau choeur de soeurs qui ouvre le spectacle donne le ton — avec à sa tête une solide mère abbesse (Noëlla Huet), rapatriée de la production torontoise. La réussite de la version québécoise repose sur une solide distribution qui tire aussi bien son épingle du jeu que du chant. La metteure en scène réussit également à condenser l'histoire — basée sur des faits réels — sans trop faire pâtir le scénario.

Le baron Von Trapp (Robert Marien, impeccable, égal à lui-même), veuf aigri et père de sept enfants (attachants et crédibles) éplorés par la perte de la mère, tombe amoureux de Maria, la gouvernante destinée au noviciat (superbe Florie Valiquette Gauthier, en Julie Andrews québécoise), qui leur redonne le goût de vivre et d'aimer. Le tout sur fond de frictions politiques liées à l'Anschluss, l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie.

On retrouve avec bonheur l'empathie des bonnes soeurs préoccupées par la vocation de Maria, les chansons qui scellent l'amour des enfants (Do ré mi, Mes joies quotidiennes) ou du père pour la jeune gouvernante (Edelweiss, Chansons des collines). Si bien qu'on oublie les quelques accrocs techniques des micros et les raccourcis du scénario...

En résulte un feu roulant de chorégraphies simplettes mais efficaces (ça pirouette même pendant les changements de décors), de tours de chant et de scènes plus théâtrales. Les trois heures de représentation sont vite passées. Et débouchent sur un irrésistible salut final, fait de rappels chantés (Au revoir, Farewell, Do ré mi).

Mais oubliez toute audace d'adaptation. Comme dans le film, la jeune gouvernante candide et pleine de vie apparaît pour la première fois sur la montagne, vallons de gazon synthétique surplombant la scène, en chantant Chansons des collines. Et ça marche. Car le public, conquis d'avance, veut renouer avec son souvenir de ce classique de la scène et du cinéma. Et, à bien y penser, on se demande si ce classique passerait l'épreuve d'une mise à jour.

L'ovation spontanée du public traduisait bien son enthousiasme le soir de la première médiatique, lundi. Pas de doute, La Mélodie du bonheur annonce un autre succès estival pour le festival Juste pour rire, qui a déjà annoncé une série de reprises en août et en envisage d'autres en septembre.

À voir en vidéo