Tragédies-fleuves au FTA et au Carrefour

Ciels, de Wajdi Mouawad, tiendra l’affiche quelques soirs lors du Festival TransAmériques.
Photo: Agence France-Presse (photo) Anne-Christine Poujoulat Ciels, de Wajdi Mouawad, tiendra l’affiche quelques soirs lors du Festival TransAmériques.

C'était écrit dans le ciel. Le Sang des promesses, l'oeuvre majeure de Wajdi Mouawad acclamée à Avignon après une nuit entière de représentation, donnera le ton au Festival TransAmériques (FTA) à Montréal ainsi qu'au Carrefour international de théâtre à Québec (CITQ), au printemps.

Ce ton sera celui des tragédies-fleuves au traitement «résolument contemporain», notait hier la directrice du FTA, Marie-Hélène Falcon, lors d'un prédévoilement de sa programmation. Car outre la tétralogie de Mouawad (la trilogie Littoral-Incendies-Forêts et Ciels présentées séparément), un autre grand rendez-vous partagé par les deux festivals, Les Tragédies romaines d'Ivo Van Hove, tiendra le public pendant cinq heures et demie. Le metteur en scène néerlandais y revisite trois pièces de Shakespeare (Coriolan, Jules César, Antoine et Cléopâtre) dans une facture totalement actualisée, qui forment une fresque sur le pouvoir politique.

Le retour de Mouawad à Montréal, qui a vu naître la trilogie, s'avérait aussi nécessaire que naturel pour le FTA, qui a d'ailleurs présenté Littoral et Incendies.

«C'était tout à fait naturel que de voir revenir à Montréal trois pièces majeures de Wajdi, réaménagées dans une immense traversée d'un siècle d'histoire. Quête des origines, quêtes mythiques qui se concluent sur Ciels, une nouveauté. Après la quête du père, c'est une ode à la jeunesse.»

Ciels tiendra l'affiche quelques soirs, tandis que la trilogie sera offerte une seule fois à Montréal et à Québec, respectivement le 6 et le 12 juin.

Le FTA, qui se déroulera du 27 mai au 12 juin, dévoilait aussi hier deux oeuvres chorégraphiques de son programme. La chorégraphe québécoise Ginette Laurin et sa compagnie O Vertigo y lanceront leur nouvelle création Onde de choc, qui scrute les pulsions, les sons et les mouvements intérieurs du corps, du 28 au 30 mai.

Mais c'est Nearly 90, le testament chorégraphique de Merce Cunningham, monument de la danse décédé l'été dernier, qui ouvrira le bal du festival le 27 mai.

«Une ville de danse comme Montréal se devait d'accueillir cette ultime pièce d'un créateur qui a marqué le siècle», a déclaré Mme Falcon.

La pièce pour 13 danseurs a été dépouillée de sa scénographie initiale pour les besoins de la tournée d'adieu, orchestrée avec minutie par le créateur américain avant son décès dans le cadre d'un vaste héritage planifié.