Théâtre jeunes publics - Dans le noir, en famille...

Baobab, une coproduction multiple (de Longueuil jusqu’au Mali!) à forte saveur africaine, attend les petits de trois à huit ans à la Maison Théâtre jusqu’au début de janvier.
Photo: Robert Etcheverry Baobab, une coproduction multiple (de Longueuil jusqu’au Mali!) à forte saveur africaine, attend les petits de trois à huit ans à la Maison Théâtre jusqu’au début de janvier.

Ça y est... enfin presque; quelques jours encore et les enfants seront là à temps plein autour de vous — ou vous serez là à temps plein autour des enfants, c'est selon. Un épisode qui, dans la plupart des foyers stratifiés multicouches d'aujourd'hui, n'est pas toujours absolument évident à gérer. Que ferez-vous? Le ferez-vous ensemble? Et si oui, quand et comment (donnez deux exemples)...

Tout cela vous concerne évidemment au plus haut point. Mais sachez qu'une fois tous les paramètres alignés dans le bon sens, vous pourrez trouver ici des possibilités d'évasion créative multiples. Même pour les tout-petits dès deux ans! Et jusqu'aux presque grands de

11 à 13 ans. Ho! Ho! Ho!

Une fois qu'ils seront rassasiés de neige et d'air pur à doses massives, qu'ils auront tâté toutes leurs nouvelles bébelles et lâché enfin leurs écrans grands et petits, surprenez cette année vos enfants en leur proposant aussi d'aller au théâtre. Donnez-leur au moins la chance d'être exposés, ne serait-ce qu'une seule fois, au noir des salles et à la presque cérémonie primitive et ancestrale qui se déroule là. Avec tout plein de gens autour, dépixellisés, en peau pour de vrai, qui se font eux aussi raconter la même histoire...

Pour les tout-petits...

Commençons le circuit avec les tout-petits en soulignant que, comme chaque année durant le temps des Fêtes, le Théâtre d'Aujourd'hui accueille une production jeunesse destinée à toute la famille... ce qui n'est pas bête du tout en ce rare moment où le temps s'arrête pour permettre aux familles de se reconstituer. L'exemple est heureusement de plus en plus suivi; de plus en plus de salles font même le pont durant toute la période plutôt que de fermer boutique et l'offre de spectacles s'enrichit chaque année. Et tout le monde est content. Ho! Ho! Ho!

C'est le Théâtre de Quartier qui occupe l'espace, rue Saint-Denis du 27 au 30 décembre avec son Glouglou, une production destinée aux bébés dès deux ans — le spectacle accueille des publics «scolaires» depuis le 14 décembre. Créé il y a quelques années dans le cadre des Coups de théâtre, Glouglou est l'ancêtre des spectacles pour bébés québécois, le premier du moins à oser franchir ici la limite-frontière des moins de trois ans... un premier pas de précurseur puisque le milieu bouillonne depuis et que les propositions se multiplient.

Glouglou restera toujours ce premier pas intéressant dans un «genre» qui existe en France, en Italie et en Belgique depuis une bonne vingtaine d'années, les lecteurs du Devoir le savent puisque nous suivons le secteur. Mais comme le bassin de bébés se renouvelle constamment — re Ho! Ho! Ho! —, ce sera toujours une première pour plusieurs.

C'est toutefois à la Maison Théâtre que loge le spectacle le plus festif et, disons-le, le plus réussi: Baobab, une coproduction multiple (de Longueuil jusqu'au Mali!) à forte saveur africaine, attend les petits de trois à huit ans jusqu'au début de janvier. Baobab est un véritable bonheur pur sucre, on a pu le lire dans nos pages la semaine dernière. Sur le mode du conte africain, avec des marionnettes, des objets et de la musique à profusion, on raconte là l'histoire d'un petit garçon qui parvient à changer le monde... Proposé par le Théâtre Motus, le texte d'Hélène Ducharme vous fera remercier le ciel d'avoir semé des enfants dans votre entourage. En prime, vous trouverez en sortant du spectacle, rue Ontario cette fois, un disque regroupant la trame musicale et des extraits du spectacle, de même qu'un livre racontant avec force couleurs les aventures d'Amondo le rassembleur... Un seul petit problème ici: vous aurez probablement de la difficulté à trouver des billets si vous n'agissez pas très, très rapidement...

En même temps ou pres-que, les 27, 29 et 30 décembre, la PdA junior vous propose un des plus récents succès du Théâtre de l'Oeil: l'irrésistible Ah la vache!, une sorte de bande dessinée vachement drôle destinée aux petits de cinq à huit ans dont on vous a déjà dit tout le bien qu'on en pensait...

... et pour les autres

On poursuit en faisant un détour du côté de la Vieille Capitale d'abord pour signaler la présentation d'un classique du théâtre s'adressant aux jeunes publics: Le Rossignol et l'Empereur de Chine, un spectacle conçu pour les enfants de quatre ans et plus. La production du Théâtre de Sable roule depuis plus de 15 ans déjà d'un continent et d'un festival à l'autre; nous en avons déjà discuté ici à plusieurs reprises. Cette version «théâtre de marionnettes» d'un conte «moral» d'Andersen est présentée aux Gros Becs les 19, 20 et 27 décembre, souvent au rythme de deux représentations par jour.

Du côté d'Ottawa, il reste à peine quelques représentations de Cyrano Tag, un texte de Marie-Thé Morin adapté bien sûr du Cyrano que tout le monde connaît et produit par Vox Théâtre. Le spectacle présenté à la Nouvelle Scène s'adresse aux jeunes dès 11 ans. Particularité étonnante: c'est un spectacle mettant en scène des marionnettes... qui chantent. Sur l'extrait vidéo, que l'on trouvera sur le site http://nouvellescene.com, la voix n'est pas particulièrement attirante, mais la marionnette laisse anticiper des choses intéressantes. Et puis, c'est sur fond de Cyrano quand même, flamboyant, beau et baveux tout juste ce qu'il faut...

Terminons avec un spectacle que l'on pourrait qualifier d'hybride puisqu'il met en scène un comédien qui raconte l'histoire de Galilée. Évidemment, il y a tout un fond didactique à la proposition que l'on ne retrouve pas habituellement sur les scènes de théâtre. Mais c'est Noël! Ho! Ho! Ho! Et il y a peut-être quelqu'un dans votre famille stratifiée ou non qui préfère se faire raconter des histoires vraies de vrais personnages et de vraies découvertes. Si c'est le cas, sachez que Moi, Galilée est à l'affiche du Planétarium de Montréal jusqu'au 10 janvier, tous les jours sauf le 25 décembre et le 1er janvier.

Le spectacle, qui est le fruit d'une collaboration entre quatre planétariums — le HR MacMillan Space Centre de Vancouver, le TELUS World of Science de Calgary, le planétarium du Manitoba Museum à Winnipeg et le Planétarium de Montréal — explore la vie et l'oeuvre du visionnaire passionné qu'était Galilée. Le texte original et la réalisation sont d'Alan Dyer, du planétarium de Calgary, l'adaptation montréalaise est de Pierre Chastenay et la mise en scène est signée Raynald Michaud.

Voilà. Après tout cela, il serait étonnant qu'il vous reste du temps pour aller jouer aux grosses quilles... Ho! Ho! Ho!

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