Théâtre jeunes publics - Tout débrancher

Ce spectacle créé il y a déjà sept ans continue d’être d’abord une dénonciation aussi violente que pertinente de la médiocrité ordinaire engendrée par la société de consommation qui est la nôtre.
Photo: Ce spectacle créé il y a déjà sept ans continue d’être d’abord une dénonciation aussi violente que pertinente de la médiocrité ordinaire engendrée par la société de consommation qui est la nôtre.

Étienne Villeneuve en a vraiment jusque-là. Produire, consommer, gaspiller, se contenter du confort et de l'indifférence: ce n'est pas sa tasse de thé. Ras-le-bol. Sans prévenir son entourage — sa mère qui de toute façon n'est jamais là —, il a plutôt tout mis en ordre pour dénoncer les profiteurs et les tricheurs qui s'enrichissent sur le dos de tout le monde. Pour y arriver, il va coordonner les activités d'une véritable tribu de hackers disséminés sur toute la planète et pirater les ordinateurs des hypocrites de ce monde, multinationales et gouvernements confondus. Bien sûr, les flics lui courent après, mais ne parviennent pas à lui mettre la main au collet; un peu comme si on n'avait pas réussi à coincer Mafiaboy... Et quand Étienne donne finalement le signal, tout le réseau s'effondre.

On croirait entendre parler d'un complot terroriste. Pourtant, ce spectacle créé il y a déjà sept ans (voir en archive notre critique du 24 octobre 2002) continue d'être d'abord une dénonciation aussi violente que pertinente de la médiocrité ordinaire engendrée par la société de consommation qui est la nôtre. Certes, certaines analyses d'Étienne sont un peu «rapides» et le texte de Sarto Gendron tourne souvent grossièrement les coins, mais, tout au long, la production porte une charge revendicatrice très puissante dans laquelle les jeunes vont sans doute se reconnaître encore. Ceux qui étaient l'autre matin à la Maison Théâtre ne se sont d'ailleurs pas privés pour manifester leur enthousiasme. Évidemment, personne ne souhaite voir le Réseau complet s'effondrer, mais certains accents de la révolte d'Étienne sont particulièrement pertinents.

C'est une excellente idée de reprendre ce moment fort du théâtre de revendication d'ici avec (presque) la même équipe qu'à la création. La mise en scène de Michel Bérubé est encore très juste; Joachim Tanguay est tout aussi percutant dans le rôle-titre; France Parent, la nouvelle venue dans le rôle de la mère, est particulièrement crédible, et toute l'équipe rend avec justesse et intensité le drame mis en forme par Sarto Gendron. On vous souhaite de trouver du temps pour y assister avec votre ado de service...

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Etien

Texte de Sarto Gendron mis en scène par Michel Bérubé. Avec Joachim Tanguay, France Parent, Mario Borges et Pierre Monet-Bach. Décor: Simon Guilbault. Une production du Théâtre Bluff, pour ados de 13 ans et plus, présentée à la Maison Théâtre jusqu'au 27 février.

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