Théâtre - D'excellents chiffres pour le Carrefour

C'est dimanche soir, à la dernière du Die Dreigroschenoper Songspiel de Robert Lepage, que le rideau tombait sur le 6e Carrefour international de théâtre de Québec. Après 83 représentations en salle et des activités périphériques offertes dans 14 lieux différents, l'enthousiasme est à son comble à l'interne. En mars, les organisateurs parlaient «de rencontres inoubliables avec des imaginaires curieux, tendres, débridés et tout ce qu'il y a de plus contemporain». Le public a répondu, plus que jamais, à cet appel.

Près de 13 000 spectateurs ont assisté au Carrefour, ce qui coïncide avec un taux d'assistance de 75 %, et ce, en dépit de l'absence remarquée de Radio-Canada. La fréquentation du volet Théâtrallemand a atteint les 89 %: un succès inespéré pour ce projet d'envergure qui constituait une première nord-américaine. Les amateurs de théâtre ont pu apprécier l'intelligence tout comme l'audace d'un Frank Castorf avec sa vision très particulière d'Un tramway nommé désir, le burlesque très physique du Mann ist Mann de Thomas Ostermeier ou encore la première étape de travail des chansons de L'Opéra de quat'sous Bertolt Brecht et Kurt Weill, revu par Robert Lepage. «De quoi graver dans nos mémoires un souvenir impérissable et un attachement nouveau pour les artistes et le théâtre allemand», comme le précisent les responsables du Carrefour.


Qu'on parle de créations récentes ou du risque des labos de la jeune création, les spectacles de la Nouvelle Garde ont reçu un accueil particulièrement favorable de la part du public. La promesse, en quelque sorte, d'une présence toujours plus forte des artistes comme des spectateurs de la génération montante. On a pu remarquer une présence accrue de créations inspirées de la littérature et du roman. On pense, notamment, aux adaptations de la compagnie De Onderneming qui ont connu un franc succès en ce qui a trait à la fréquentation. Autre détail à noter, la formule du café-bar Le Zinc fut un des éléments rassembleurs de cette édition. Véritable lieu de rencontre des festivaliers et des artistes présents au festival, Le Zinc a accueilli des lectures publiques, tables rondes, causeries, forum, soirées thématiques et autres activités périphériques qui ont suscité une attention constante.


Cette sixième édition, concoctée par les directrices artistiques Marie Gignac et Brigitte Haentjens, rassemblait neuf spectacles du Québec, un du Canada, deux de la France, trois de Belgique, un du Danemark, un de la Croatie et deux d'Allemagne. L'événement peut déjà témoigner d'une présence assidue des festivaliers qui ont, dans plusieurs cas, assisté à plus de trois représentations différentes en se prévalant des forfaits disponibles pendant et avant le Carrefour. Demain, dans sa chronique Théâtre, Hervé Guay fera le bilan artistique de cette édition remarquable.