Soirée des Masques - Triomphe des petites et moyennes compagnies

Maxime Denommée a reçu le masque de l’interprétation masculine pour son rôle dans Howie le Rookie. — Photo: Rolline Laporte
Photo: Maxime Denommée a reçu le masque de l’interprétation masculine pour son rôle dans Howie le Rookie. — Photo: Rolline Laporte

L’Académie québécoise du théâtre décernait hier soir ses Masques annuels lors d’une fête télévisée pleine d’esprit et chaleureusement insolente animée par Claude Poissant, concepteur de la soirée avec Martin Faucher. Le palmarès de cette 9e édition se caractérise par une régression du nombre de Masques habituellement attribués aux spectacles créés dans les grands théâtres de Québec et de Montréal au profit de spectacles qui sont le fruit de créations en région et de petites ou moyennes compagnies.

Le Masque de l’interprétation féminine va à Isabelle Blais, inoubliable dans Au coeur de la rose de Pierre Perrault mis en scène par Denis Marleau et coproduit par le Théâtre du Rideau Vert et Théâtre UBU. Celui de l’Interprétation masculine est attribué à Maxime Denommée pour son rôle dans Howie le Rookie de Mark O’Rowe mis en scène par Fernand Rainville, produit par le Théâtre de La Manufacture. Adèle Reinhardt reçoit le Masque de l’interprétation féminine dans un rôle de soutien pour Ladouceur et fils de Neil Simon mis en scène par Normand Chouinard au Théâtre des Grands Chênes de Kingsey Falls. C’est un Albert Millaire ému et ravi qui a décroché le Masque de l’interprétation masculine dans un rôle de soutien pour son retour remarqué dans (Oncle) Vania de Howard Barker inspiré de Oncle Vania d’Anton Tchekhov, mis en scène par Serge Denoncourt et produit par le Théâtre de l’Opsis .
Moment émouvant: celui où l’Académie a rendu honneur à Paul Hébert en lui remettant le Prix Hommage de la Soirée des Masques 2003 pour souligner l’importance de sa carrière. Paul Hébert, l’un des plus puissants comédiens que le Québec ait connus, a non seulement fondé quatre théâtres, il a mis en scène plusieurs productions majeures et s’est révélé un animateur et un directeur artistique de théâtre exceptionnel.
L’Homme de la Mancha se voit couronné de deux distinctions: le Masque du public Loto-Québec (élu par 10.5 % de plus de spectateurs que l’an dernier) et le Masque production «Théâtre privé». Ce musical de M. Leigh, J. Darion et D. Wasserman, adapté en français par Jacques Brel et mis en scène par René Richard Cyr a été produit par Libretto (Montréal). La production Au moment de sa disparition du Théâtre Le Clou (Montréal) est la plus primée de toutes; trois Masques (sur quatre possibles) lui reviennent: le Masque production «jeunes publics», le Masque de la mise en scène, qui va à Benoît Vermeulen; et enfin le Masque du texte original décerné à l’auteur Jean-Frédéric Messier. Une bourse de 10 000 $ de «soutien à la création artistique» offerte par le Conseil des arts et des lettres du Québec accompagne ce Masque.
Pour la seconde année consécutive, le Théâtre du Centre Saidye Bronfman remporte le Masque production «langue anglaise» avec, cette année, Salt-Water Moon de David French, mis en scène par Chris Abraham. Le Ventriloque reçoit le Masque production «Montréal»; l’oeuvre de Larry Tremblay mise en scène par Claude Poissant et créée par le Théâtre PàP était en nomination dans six catégories. Le Théâtre du Trident (Québec) remportait la palme des nominations (11) que se partageaient Antigone de Sophocle et Les Trois Soeurs d’Anton Tchekhov. C’est finalement Les Trois Soeurs mis en scène par Wajdi Mouawad qui se distingue avec le Masque production «Québec» pour l’ensemble du spectacle et le Masque conception du décor attribué à Isabelle Larivière.
Parmi les 17 pièces produites en région, c’est la remarquable production des Gens d’en bas (Le Bic) Encore une fois, si vous permettez de Michel Tremblay mise en scène par Louise Laprade qui remporte le Masque production «Régions» (pour la 5e fois!). Le Masque attribué à la meilleure production franco-canadienne va à Univers de Herménégilde Chiasson, Robert Marinier et Dominick Parenteau-Lebeuf, mise en scène d’André Perrier, coproduction des Théâtres du Nouvel-Ontario (Sudbury), de l’Escaouette (Moncton) et du Théâtre français du CNA d’Ottawa. Quant au Masque de la meilleure production étrangère, il est remis, tel qu’annoncé lors des nominations, à la production germano-autrichienne Endstadion Amerika d’après Tennessee Williams présentée au Carrefour international de théâtre de Québec. Mérédith Caron remporte le Masque pour la conception des costumes dans Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce à l’Espace Go; Claude Accolas, le Masque de la conception des éclairages pour Des fraises en janvier d’Éveline De La Chenelière au Théâtre d’Aujourd’hui et la compositrice Catherine Gadouas voit son travail récompensé par le Masque de la conception sonore pour Les Joyeuses Commères de Windsor de Shakespeare au TNM. Quatre marionnettistes: Martin Gagnon, Dany Lefrançois, Guylaine Rivard et Nadia Simard reçoivent le Masque de la contribution spéciale pour leur travail dans Poupzée, d’après La Mère aux monstres de Maupassant, monté par le Théâtre CRI de Jonquière.
Simon Boudreault et Jean-Guy Legault se partagent celui de la Révélation pour l’ensemble de leur travail dans L’Honnête fille de Carlo Goldoni, mis en scène par Jean-Guy Legault et Simon Boudreault au Théâtre Denise-Pelletier. Le Masque pour la meilleure traduction/adaptation revient à Danielle Grégoire qui a traduit et adapté Neuf Mois de Carl Ritchie et Stephen Woodjetts pour Théâtre de l’île à Gatineau.
Enfin, le Masque des enfants terribles attribué par les jeunes spectateurs va à Amour, délice et ogre de Claudie Gagnon et Christian Fontaine coproduit par le Théâtre des Confettis (Québec) et le Carrefour international de théâtre de Québec.