Théâtre jeunesse - Tous Colibris, Hirondelles et Lézards confondus...

C'est triste à dire, mais vous êtes passé à côté: que vous le vouliez ou non, vous ne pourrez pas voir Le Petit Peuple de la brume du célèbre Théâtre du Papyrus, qui était de (trop court) passage à l'Usine C la semaine dernière, invité par le festival Coups de théâtre. Pourquoi un si court séjour? On peut spéculer tout ce que l'on voudra, rien n'y changera: le spectacle est bel et bien retourné à Bruxelles en faisant à peine un saut à Montréal après son passage au Carrefour de théâtre de Québec. Pourquoi en parler alors? Parce que le Papyrus est une compagnie exceptionnelle animée depuis 20 ans par un duo tout aussi exceptionnel, Rose Hanse et Bernard Chemin, ce dernier étant aussi un comédien absolument remarquable d'aisance et d'invention sur scène. Et qu'un de leurs passages est, en soi, un événement.

Surtout que Le Petit Peuple de la brume marque une nouvelle façon d'approcher les enfants. Beaucoup plus que dans Hulul, qu'on a pu voir à la Maison Théâtre il y a trois ou quatre ans, on voit se développer ici une histoire qui ouvre sur le théâtre d'objets.


D'entrée de jeu, Bernard Chemin explique aux enfants qu'il ne peut pas leur raconter l'histoire du Petit PeupleÉ mais qu'il sait comment, avec ses amis, les mener dans leur pays étrange. Il faudra s'y rendre — l'autre jour, on a pu sentir un petit frisson dans la salle, du côté des plus jeunes, les Colibris, les Hirondelles et les Lézards. Il faudra trouver le chemin à travers le brouillard en passant sous la grande cheminée, une petite clochette à la main pour signaler sa présence, si jamais... Bientôt, tout le monde se retrouve au pays de la brume.


Là, une fois les Colibris calmés, on fait face à une terre dévastée peuplée de ruines, de cailloux, de troncs d'arbres calcinés et d'un petit lac crachant des nuages de brumes. L'effet est assez saisissant. Les Hirondelles ont frémi à leur tour.


Tout cela s'animera peu à peu pour raconter l'histoire du Petit Peuple de la brume avec un dragon incompris de circonstance et plein de trouvailles autant musicales que scéniques. Le tout à la vue des enfants qui voient bien que ce sont là de minuscules marionnettes et de tout petits accessoires, et même que l'histoire est un peu tirée par les cheveux. Mais qui y croient quand même. Moments magiques. Drôles et tragiques tout mêlés; au point de confondre même les Lézards.


Cette visite trop courte du Théâtre du Papyrus nous aura au moins permis de suivre l'évolution de la compagnie. Tout en nous donnant l'occasion de rappeler aussi que le festival international de théâtre jeunesse Coups de théâtre — qui se spécialise dans les surprises et les «mises à jour», il faut le reconnaître — est passé de l'autre côté de l'été... et qu'on a déjà très hâte que ça commence. On notera le passage, du 30 mai au 2 juin, de la compagnie danoise Gruppe 38 et de sa fabuleuse comédienne Bodil Alling qui «revisitera» Le Petit Chaperon rouge de Grimm. Ça se passera à l'Usine C.