Carrefour international de théâtre de Québec - Désaccords humains

& TD arrive au Carrefour international de théâtre de Québec avec ce Nesigurna Prica pas toujours facile à suivre. Un théâtre naturaliste qui repose beaucoup sur le non-spectaculaire ainsi que sur la parole des interprètes. Aride et surtout un peu mince comme propos.

On a l'impression d'assister à un devoir bien fait, à la manière théâtrale qui repose beaucoup sur les dialogues. Sur le plateau, quelques chaises, un mur noir, de même qu'un projecteur serviront à défendre ce chassé-croisé familial, où on tente de se réapproprier le quotidien dans sa tension la plus libre. Nous devons ainsi suivre l'action et les surtitres en français qui défilent à une vitesse inégale. Le non-dit demeure palpable, mais il se cache essentiellement dans l'immobilité du jeu. Cette création collective tente de faire avancer le réel mais s'appuie peut-être trop sur une démarche assez didactique. Sur le mur, quelqu'un dessine le croquis de l'appartement où logent les cinq personnages. Le plan ouvre sur l'imaginaire et les limites de cette situation sociale. Le désaccord est à l'honneur au fil des conversations qui passent du concret à l'énigmatique. Fatigue de vivre ou malaise caché, ces individus doivent tout de même s'accrocher à une existence aussi nerveuse qu'indécise. Le panorama humain défile d'un bout à l'autre. On cherche ainsi à faire sens d'un monde qui bascule lentement. De l'ironie au drame intimiste, plusieurs secrets traversent ces vies discrètes et fébriles.


On adhère ou on repousse cette proposition théâtrale du Teatar & TD. Le jeu plutôt statique des interprètes et la langue croate sont parfois des barrières difficiles à surmonter. S'il y a derrière cette trame familiale une métaphore de la situation sociale actuelle en Croatie, l'intérêt n'est peut-être pas toujours à la hauteur des attentes. L'ennui devient palpable, surtout lorsque certains procédés reviennent sans cesse. On pense, notamment, aux projections lumineuses qui tentent d'isoler chacun des personnages dans son propre dilemme. Avec un décor presque identique, mais une approche fort différente, The Notebook de De Onderneming était beaucoup plus convaincant. Bien des réserves, donc, sur ce spectacle qui compte parmi les plus austères de cette sixième édition du Carrefour international de théâtre de Québec.