Festival Coups de théâtre - Le goût du risque

C'est dans un petit restaurant près de l'espace chorégraphique Jean-Pierre Perreault que Rémi Boucher a convoqué la presse hier pour tracer un bilan des derniers Coups de théâtre. On y a appris entre autres que, par rapport à son édition 2000, le public scolaire du festival avait subi une baisse d'environ 30 % alors que le «grand public» avait au contraire augmenté de plus de 50 %: au total, on a compté près de 9000 entrées. Phénomène nouveau cette année, près du quart des billets se sont vendus à la porte des spectacles et on a même accepté des «scolaires» en cours de festival, ce qui ne s'était jamais vu. Finalement, les salles ont été occupées à 82 % pendant tout l'événement.

Pour expliquer la diminution de la fréquentation par les établissements scolaires, que la presse a soulignée tout au long des deux dernières semaines, le directeur du festival a soutenu que le passage des Coups de théâtre de l'autre côté des vacances d'été ne s'était pas fait sans conséquence. «Il faut se rappeler, a-t-il fait remarquer, que lorsque nous avons invité les écoles à s'inscrire, le milieu du théâtre jeune public subissait encore le contre-coup du boycottage des activités culturelles par les professeurs. Il y avait aussi plusieurs spectacles présentés en langues étrangères, ce qui a fait reculer quelques directions d'école. Et comme plusieurs productions s'adressaient à des adolescents — qui ont moins l'habitude du théâtre —, ceci explique cela. Mais nous sommes bien conscients du problème et nous allons mettre en place des stratégies pour que cela ne se reproduise plus.» Dans la foulée, il a aussi affirmé que les Coups de théâtre se définissaient et se définiront encore à partir de trois axes majeurs: les enfants, bien sûr, les programmateurs et le risque de la création qui fait du festival un lieu où peuvent se manifester les principales tendances en théâtre jeune public. «Nous avons osé prendre des risques cette année et tout le monde a répondu très positivement. Nous en sommes très fiers.»

Cette dernière édition des Coups de théâtre aura aussi été centrée sur une programmation s'adressant surtout aux enfants de 9 à 12 ans; plusieurs ont aussi souligné que les moments forts du festival — Le Malade imaginaire, Lennie & George, Personnages — auraient facilement pu s'adresser à un public adulte. «Il ne faut voir là qu'un concours de circonstances, précise Rémi Boucher. Nous ne planifions pas le festival en fonction de tranches d'âge; nous choisissons plutôt les meilleurs spectacles disponibles. Par contre, nous sommes très ouverts à des collaborations éventuelles pour que, par exemple, des spectacles présentés au festival puissent aussi être vus par le grand public. D'ailleurs, nous souhaitons développer de plus en plus un public "mixte", parents-enfants, et c'est pour cela que nous avons offert cette année trois fois plus de spectacles en soirée que lors des éditions précédentes. C'est aussi une dynamique que nous voulons installer dans les années à venir.»

Rémi Boucher a également indiqué que le couplage du festival avec CINARS avait été un succès total, même qu'il avoue avoir été débordé par le nombre de programmateurs étrangers. Conséquence directe: plusieurs des spectacles des Coups de théâtre circuleront un peu partout en Europe et en Asie. En conclusion, cette septième édition fut un succès et il ne nous reste plus qu'à souhaiter que le festival s'ouvre encore plus à toutes les tendances. Même au théâtre pour bébés, pourquoi pas...