Festival Coups de théâtre - Fleurs en pot

À mi-course de cette septième édition des Coups de théâtre — et alors que le week-end n'a proposé qu'un seul nouveau spectacle dont on vous parlait dans notre édition d'hier —, on peut se permettre un petit temps d'arrêt pour souligner des choses qu'on n'a pas encore eu le temps d'aborder. La première tient probablement à des problèmes de logistique: on voit beaucoup moins d'enfants qu'à l'habitude dans les salles du festival. Or, vous en avez peut-être fait l'expérience, il est particulièrement bizarre d'assister à des spectacles pour enfants... sans enfants. Déjà qu'il faut accepter que des comédiens dans la trentaine, parfois même plus, jouent des rôles d'enfants ou d'adolescents, la chose frôle le fétichisme lorsque, en plus, il n'y a que des adultes dans la salle pour assister à tout cela. D'autant plus que cela ne sert surtout pas les comédiens qui suivent une mise en scène réglée sur les réactions des enfants. Montréal ne manque pourtant pas d'autobus jaunes... ni de jeunes spectateurs.

Par contre, l'idée de déplacer les Coups de théâtre du printemps à l'automne a aussi pour conséquence directe de faire coïncider le festival avec les assises de CINARS (Commerce international des arts de la scène). C'est une initiative qui se révèle fort intéressante pour les professionnels du milieu. Jamais le théâtre jeune public d'ici n'a eu l'occasion de se faire voir autant des directeurs de festivals et des acheteurs de spectacles qu'ils viennent d'Asie, d'Europe ou d'Amérique. Personne ne s'en plaindra, bien au contraire!

Au-delà de ces considérations terre à terre, revenons aux spectacles pour souligner les moments marquants de la première semaine: bravo pour le Lennie & George du Teatret Møllen et pour le délicieux Émile et Angèle, correspondance de Françoise Pillet et Joël da Silva dont on vous parlait hier. Bravo aussi, mais à un degré moindre, pour Deux pas vers les étoiles, Les Cousins et La Petite Ombre. Par contre, on se demande encore ce que vient faire dans un festival de théâtre jeune public un machin racoleur et inachevé comme Mannen/

Hommes/Men. Espérons seulement que ce n'est qu'une erreur de parcours et non, comme le craignaient un groupe de programmeurs français, une sorte de pointe d'iceberg préfigurant des shows produits sur mesure comme les europoudings que nous sert le cinéma de divertissement.

En vrac
- Aujourd'hui, vous avec encore deux chances de voir Émile et Angèle, correspondance à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal, à 10h et 13h: ne les ratez pas! Deux premières aussi: le très attendu Die Schöne und das Biest (La Belle et la Bête) du célèbre Puppentheater der Stadt Halle, à 13h, au Monument-National et Le Garçon aux sabots de Marie-Line Laplante, une production de l'Arrière Scène présentée à 10h et à 16h au Théâtre Outremont. Du côté du Théâtre Prospero, la compagnie de l'Oiseau-Mouche de Roubaix remonte Personnages, à 20h: on vous en reparle demain.
- Demain, les deux dernières représentations de La Belle et la Bête, à 10h et 13h, toujours au Monument-National. Les deux dernières aussi de Personnages, aux mêmes heures mais au Théâtre Prospero. Et deux premières: De ingebeelde zieke (Le Malade imaginaire) de la compagnie Wederzijds d'Amsterdam et Quien ha visto a mi pequeno nino? de la compagnie mexicaine Coinversiones del Fonca, à 13h à l'Usine C.