Achille, Élisabeth Ire et Anderson brûleront les planches du TNM

François Papineau, consacré dans le rôle d’Ulysse en 2000, se glissera cette fois-ci dans la peau d’Achille, le sanglant guerrier.
Photo: Jacques Grenier François Papineau, consacré dans le rôle d’Ulysse en 2000, se glissera cette fois-ci dans la peau d’Achille, le sanglant guerrier.

Achille, Élisabeth Ire et d'autres figures mythiques des siècles passés se disputeront l'an prochain les planches du Théâtre du Nouveau Monde (TNM), dont la saison 2007-08 sera lancée par le très attendu L'Iliade d'Homère, sept ans après avoir livré L'Odyssée, l'un des plus grands succès de l'histoire du TNM.

D'entrée de jeu, la directrice du TNM, Lorraine Pintal, a précisé hier que cette nouvelle fresque homérique, dont le précédent succès portait la signature éclatée du metteur en scène Dominic Champagne, n'aura rien d'une suite et brillera d'une tout autre facture, plus intimiste.

Le TNM confie ainsi pour la deuxième fois l'adaptation des textes d'Homère à Alexis Martin, qui forgera en sus une mise en scène toute particulière pour ces chants de L'Iliade, qui puisent aux sources de la mythologie grecque et racontent la vie des mortels, dieux et demi-dieux, ponctués par les guerres fratricides, les ruses et les tromperies.

Le metteur en scène de l'Espace libre, formé par Jean-Pierre Ronfard, a choisi d'imprimer à l'oeuvre d'Homère sa lecture toute personnelle, avec la touche ironique qu'on lui connaît. Après deux ans de travail et six versions, l'action se déroulera dans la Grèce d'aujourd'hui, dans un café du Péloponnèse où se rassemblent les hommes pour discuter du sort du monde.

«Je trifouille depuis deux ans pour ramener cette épopée à la dimension d'un spectacle de deux heures. L'Iliade est un poème sur la force et le chaos, où les dieux ne contrôlent pas tout. Ça nous ramène à notre mortalité. C'est une oeuvre beaucoup plus funèbre que L'Odyssée, qui est une grande aventure», a expliqué hier Alexis Martin, conseillé tout au long de cette adaptation par Georges Leroux, un éminent spécialiste de la philosophie grecque.

François Papineau, consacré dans le rôle d'Ulysse en 2000, se glissera cette fois-ci dans la peau d'Achille, le sanglant guerrier, aux côtés de Vincent Bilodeau, Daniel Brière, Patrick Drolet, Jean Maheu et Marie Michaud. «Nous n'avons pas à vivre avec la pression de refaire L'Odyssée. Il s'agit cette fois d'une tout autre proposition. Notre plus grand défi sera de rendre cette histoire très complexe le plus simple possible», a confié hier le comédien.

Après Achille, ce sera au tour du marginal Bérenger, héros lucide de Ionesco et dénonciateur des pièges du conformisme, de fouler les planches du TNM dans Rhinocéros, remodelé façon XXIe siècle par le metteur en scène Jean-Guy Legault. Campés dans une tour à bureaux, ces êtres condamnés à se métamorphoser en pachydermes à corne seront interprétés notamment par Marc Béland, Alain Zouvi, Diane Lavallée et Annick Bergeron.

En janvier 2008, ce sera au tour de la mythique Élisabeth, roi d'Angleterre, du regretté écrivain canadien-anglais Timothy Findley — joué à Stratford et repris sur les plus grandes scènes du monde —, de faire son entrée en piste, traduite en français par la plume caustique de René-Daniel Dubois. Le rôle de la Reine vierge sera servi par Marie-Thérèse Fortin, qui fera ainsi sa première apparition sur les planches du TNM.

René-Richard Cyr effectue aussi dans cette production un retour en force au TNM en signant la mise en scène de cette pièce, qui décrit le choc de la rencontre entre Shakespeare et la reine Élisabeth, déchirée le temps d'une nuit entre la raison d'État et l'amour, à la veille de l'exécution de son amant. Cyr campera Ned, un personnage féminin du grand William (dont les rôles de femme étaient joués par des hommes), qui apprendra à la virile régente comment retrouver en elle cette part de féminité étouffée par les impératifs du pouvoir. «Ce n'est pas du Shakespeare avec des fioritures. Il fallait la plume de Dubois pour rendre ce texte cru, très dur et concret», a expliqué René-Richard Cyr, qui jouera notamment aux côtés de Jean-François Casabonne.

Comme pièce maison, le TNM présentera en mars 2008 Le Secret de la chambre obscure, un texte de Carole Fréchette, mis en scène par Lorraine Pintal et joué par Isabelle Blais, Henri Chassé, Julie Perreault et Louise Turcot. Pour clore la saison et marquer le 300e anniversaire de naissance du dramaturge italien Carlo Goldoni, le TNM produira L'Impresario de Smyrne, avec au menu une partie de l'équipe qui a porté Le Malade imaginaire de Molière, soit le metteur en scène Carl Béchard, et les acteurs Alain Zouvi, Pascale Montpetit, Sophie Cadieux et Sylvie Drapeau, qui avait connu un succès aux guichets en 1993 dans La Locandiera, du même auteur.

Enfin, à la demande générale, le TNM remet au programme à l'automne Le Projet Anderson, d'Ex Machina, présenté à guichets fermés au printemps 2006, mais cette fois sans Robert Lepage. «Nous avons tout essayé pour avoir Lepage, mais avec son horaire chargé, c'était une équation impossible», a indiqué hier la directrice du TNM. Lepage sera personnifié par son alter ego, le comédien Yves Jacques, qui l'a déjà incarné avec succès tout au long de la tournée internationale de La Face cachée de la Lune.

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