Théâtre - Sous le signe de la création et de la diffusion

Les Mexicains du Teatro Mito présenteront l’absurde aux enfants dans Quién ha visto a mi pequeño niño?. - Source: Coups de théâtre
Photo: Les Mexicains du Teatro Mito présenteront l’absurde aux enfants dans Quién ha visto a mi pequeño niño?. - Source: Coups de théâtre

Le septième festival Coups de théâtre devient un «forum international des arts jeune public». Et du 18 novembre au 1er décembre, les amateurs de théâtre jeune public pourront aussi voir des spectacles de danse, s'initier aux arts visuels, participer à des ateliers de chorégraphie et même assister à un opéra contemporain et à un concert de guitares électriques. C'est ce qu'annonçait hier au Monument-National Rémi Boucher, le directeur artistique et l'âme de cet événement qui viendra pour la première fois s'inscrire dans le cadre de la saison théâtrale montréalaise.

Pourquoi ce changement de cap? «Parce que ce sera ainsi beaucoup plus simple de travailler avec les écoles que ce ne l'était auparavant, au mois de mai, explique Boucher. Et aussi parce que cela devrait nous permettre éventuellement de copoduire plus facilement des spectacles avec des compagnies d'ici.»

On notera toutefois que le mouvement est déjà amorcé en ce sens puisque la septième édition des Coups de théâtre s'inscrit aussi sous le signe de la diffusion: quatre des productions présentées au festival se rendront jusqu'au Vieux Théâtre de Terrebonne, alors que des accords de diffusion ou de coproduction sont déjà convenus avec les Gros Becs, à Québec, Les Gens d'en bas, au Bic, et le Centre pour l'enfance de Beloeil.

Beaucoup de visite

Au total, près d'une vingtaine de spectacles différents seront présentés dans huit salles du centre-ville: la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal, le Monument-National, le Musée d'art contemporain, le Théâtre Outremont, le Théâtre Prospero, l'Usine C et l'Espace chorégraphique Jean-Pierre Perreault. Le festival s'ouvrira sur Lennie&George, une adaptation «libre» que la metteure en scène danoise Gitte Kath a tirée de Des souris et des hommes, de Steinbeck. Gitte Kath est une femme aux multiples talents et l'on pourra visiter également la collection complète de ses illustrations — dont l'affiche du festival — à l'Usine C. Sa compagnie, le Teatret Mollen, donnera aussi Harry, une adaptation du film danois Harry and the Butler cette fois. Parmi les compagnies les plus attendues — on attend de la visite de l'Allemagne, de la Belgique, du Canada, du Danemark, de la France, du Mexique et des Pays-Bas —, la Wederzijds, d'Amsterdam, viendra présenter une version trash du Malade imaginaire, dont on a vu des extraits hallucinés lors de la rencontre de presse. Le metteur en scène et directeur artistique de la compagnie, Ad de Bont, sera fort occupé lors de son passage puisqu'il présentera une lecture (avec des comédiens québécois, précisons-le) de sa dernière création, Moeder Afrika, et l'une des productions les plus remarquées de la compagnie, Bets.

Mais il y a d'autres visites-chocs à inscrire à votre programme. Celle de la compagnie française L'Oiseau-Mouche, qui travaille avec des handicapés mentaux et qui présentera Personnages, un spectacle inspiré de la pièce de Pirandello. Celle aussi des Allemands de la Puppentheater Der Stadt Halle, qui donneront deux spectacles: L'Atelier des papillons et La Belle et la Bête. Sans oublier les Mexicains du Teatro Mito, qui proposent l'absurde aux enfants dans Quién ha visto a mi pequeño niño?. Et la première mondiale de La Petite Ombre, une coproduction très attendue du Théâtre du Papyrus, du Théâtre populaire d'Acadie et des Gros Becs.

La création québécoise sera aussi fort bien représentée avec la version opéra moderne du Pacamambo, de Wajdi Mouawad, mis en musique par Pauline Vaillancourt et la joyeuse bande de Chants libres en clôture du festival. Avec Deux pas vers les étoiles, aussi par l'équipe qui nous avait donné Mathieu trop court, François trop long; Émilie et Angèle, Correspondance, un texte signé Joël da Silva et Françoise Pillet.

Rajoutez à cela des spectacles en danse, des ateliers, des concerts, des journées à courir d'une salle à l'autre et des autobus jaunes plein les rues... et vous comprendrez qu'il nous faudra revenir sur ces septièmes Coups de théâtre pour réussir à en saisir toute la dimension.