Théâtre jeunesse - R@lbol

Étienne Villeneuve en a jusque-là. Depuis qu'il a quitté l'école, il passe d'une petite jobine à l'autre et accumule les frustrations et les humiliations de toute sorte en faisant «des choses utiles pour la société». Et puis, un jour, il en a assez: il décroche, prend congé et disparaît avec son ordinateur, bien décidé à mettre des bâtons dans les roues de tout ce qui tourne si croche. Il se fait hacker, cyberpirate.

Évidemment, sa mère, Loulou, n'y comprend rien, occupée qu'elle est à faire carrière d'une réunion à l'autre et de Québec à Kingston, jouant tout autant du cellulaire que du portable. Le flic qui le traque bientôt non plus: pour Laflamme, l'agent de la GRC qui se rendra rapidement compte qu'etiEn@vil.net est un emmerdeur de premier plan, Étienne ne peut être qu'un mal-aimé blasé qui s'amuse à faire suer le monde en se vengeant de ne pas avoir connu son père.

Dans son refuge, entouré de son matériel hyperefficace, Étienne carbure à l'injustice et s'amuse d'abord à dénoncer les politiciens et les

p.-d.g. qui magouillent en se remplissant les poches. Mais plus il clavarde avec sa mère désespérée, plus il se rend compte qu'il lui faudra donner un sens à la révolte qui l'habite. Et même, et surtout, lorsqu'il aura réussi à tout faire planter.

La production est rondement menée grâce surtout à la mise en scène presque cinématographique de Michel Bérubé. Les interprètes, Chantal Baril dans le rôle de la mère et Mario Borges dans celui du flic, sont un peu caricaturaux mais réussissent à devenir de vrais personnages à mesure que le spectacle avance. On sera cependant étonné de découvrir ici deux choses. D'abord, un tout nouveau comédien fraîchement sorti de

l'École de théâtre Lionel-Groulx, Joachim Tanguay, qui brûle les planches: on en entendra certainement beaucoup parler. Ensuite, un texte étonnant: Sarto Gendron a le sens de la réplique comme on ne l'a pas vu se manifester depuis longtemps. Dans ce registre de la révolte qui ne sait pas trop comment s'exprimer, il signe un texte qui ne peut qu'avoir un succès boeuf auprès des jeunes spectateurs auxquels il est destiné. À surveiller...

Dernier détail: il faut faire courir votre ado maison à la Maison Théâtre pour qu'il ne rate pas etiEn., qui ne sera plus là après le week-end. Dépêchez-vous! Il y a là de fort belles discussions à avoir en famille...