Vieux théâtre, nouveau National

Le nouveau vieux a la cote, surtout chez Larivée Cabot Champagne. Après avoir rénové le théâtre des Variétés, rebaptisé La Tulipe, la compagnie, aussi détentrice de l'étiquette La Tribu, dépoussière maintenant l'ancien Théâtre-National, rue Sainte-Catherine, pour y accueillir des spectacles de musique.

C'est vers Le National que les fidèles des soirées C'est extra devront dorénavant converger puisque Larivée Cabot Champagne y déménage la programmation du Cabaret Juste pour rire qu'elle gérait jusqu'ici. Malgré la connotation très québécoise de son nom, Le National accueillera des artistes d'ici et d'ailleurs, notamment en collaboration avec les producteurs Greenland et Groupe Spectacles Gillet.

La salle, qui peut accueillir de 600 à 750 spectateurs (debout), a fait les beaux jours du théâtre, de la comédie musicale et de l'humour québécois. Ouvert en 1900, le premier théâtre professionnel de langue française a été dirigé par Julien Daoust, puis par Georges Gauvreau, qui s'est associé au comédien Paul Cazeneuve pour présenter les versions québécisées des succès de Broadway. Tizoune père et Alys Robi ont notamment brûlé les planches du petit théâtre. La Poune (Rose Ouellette) l'a dirigé de 1936 à 1953 avant qu'il ne soit mis à mal par l'avènement de la télévision. Converti en cinéma de quartier, en cinéma chinois puis homosexuel dans les années 60-80, il a graduellement retrouvé sa vocation depuis 1997.

L'équipe de La Tribu s'y est installée au début de l'année et devrait lui faire retrouver son animation d'antan au rythme de musiques d'aujourd'hui. Une quinzaine de spectacles ont été annoncés mercredi, parmi lesquels Throwback le 10 février, Pépé et le Suzie Arioli Band en mars et Wolf Parade en avril.