On planchera sur l'image à l'Usine C

Le porte-parole de Temps d’images, Daniel Danis.
Photo: Jacques Grenier Le porte-parole de Temps d’images, Daniel Danis.

C'est à la première version nord-américaine d'un festival déjà bien implanté en Europe que nous convie l'Usine C avec Temps d'images. Ces «passerelles internationales étonnantes entre arts de la scène et arts de l'image» visent à mettre en relief les nouvelles relations entre l'image et la scène. L'événement transdisciplinaire, qui a déjà pignon sur rue dans neuf pays européens (Belgique, France, Portugal, Italie, Hongrie, Pologne, Estonie, Allemagne et Lettonie), est un moment de réflexion particulièrement riche sur la nouvelle façon d'utiliser les images en théâtre et en danse, par exemple, mais c'est aussi la manifestation d'un réseau de créateurs de plusieurs disciplines qui creusent le sujet depuis 2003. Mais regardons de plus près ce que peut nous offrir de différent cette première édition nord-américaine de Temps d'images.

D'abord, un volet de quatre spectacles illustrant bien les préoccupations qui ont donné naissance à l'événement. En collaboration avec des partenaires locaux (Vasistas et le Théâtre La Chapelle, les productions Recto-Verso et le Mois Multi), l'Usine C propose, du 22 au 25 février, Fragments 2, de Caroline Ross avec Gabriel Gascon, un travail sur l'image à partir d'un texte de Beckett. En coproduction avec une série de diffuseurs, on pourra aussi voir House of No More, du réputé collectif new-yorkais Big Art Group (du 16 au 18), le troisième volet d'une trilogie acclamée en Europe comme en Amérique: Real-time-film. Du 22 au 24 également, l'Usine accueille le collectif français MxM dans Paradiscount et la compagnie Motus d'Italie dans Petits épisodes du fascisme quotidien.

Aux spectacles viendront s'ajouter trois autres volets selon le «format» que prennent les événements Temps d'images en Europe. D'abord, une série d'ateliers, puis des débats publics ou «petites fabriques», selon le jargon de l'événement, et enfin des projections vidéo en collaboration, ici avec le Vidéographe, le tout permettant souvent de revoir un artiste ou une compagnie selon des angles différents puisqu'ils participent à plusieurs volets. On retiendra ici l'atelier-laboratoire offert aux professionnels du milieu par le Big Art Group; durant cinq jours, du 14 au 18, Caden Manson et Jemma Nelson travailleront sur le thème «la construction du personnage pour la scène et pour l'écran». On est aussi convié au laboratoire de lectures et de manipulations vidéo donné par Cyril Teste le 25 à 14h. Quant aux trois «petites fabriques» prévues au programme, elles nous convient chacune à des rencontres fort intrigantes auxquelles le public peut participer gratuitement.

Rencontres «intrigantes» parce que différentes dans leur forme. Le 18 février, par exemple, Richard Simas, du Théâtre La Chapelle et de Vasistas, rencontre l'auteur et metteur en scène français Renaud Cojo et le vidéaste Du Zenjhun auteur du thème suivant: «Où est le théâtre dans l'image?» La deuxième petite fabrique, le 21 à 19h30, une soirée spéciale Artv, offre une rencontre avec l'équipe de comédiens des États humains qui raconteront leur expérience de création collective télévisuelle. Quant à la troisième, le 23 à 17h, elle réunira Daniel Danis — le porte-parole de Temps d'images —, le metteur en scène français Cyril Teste, la romancière Marie-Pascale Huglo et le réalisateur Philippe Falardeau autour de Marie-Andrée Lamontagne et du thème suivant: «Mots ou images, qui mène le récit aujourd'hui?»

Lors de la conférence de presse informelle dans le café de l'Usine C hier matin, Danièle de Fontenay soulignait l'enthousiasme de ses partenaires locaux et internationaux et disait espérer que ces premiers Temps d'images nord-américains débouchent sur la création, comme en Europe, d'une série de chantiers permettant aux créateurs de développer leur projet d'une édition du festival à l'autre. Qui souhaiterait le contraire?