Les nominations au 24e gala de l'ADISQ - Une autre année Daniel Bélanger

Hier, le dévoilement des nominations n'aura servi qu'à entériner l'évidence. Ce sera encore une fois l'année Daniel Bélanger au gala de l'ADISQ, le 27 octobre prochain au Saint-Denis 1. Forcément, puisque Daniel Bélanger a proposé un nouveau disque pendant la période concernée par cette 24e célébration des bons coups de l'industrie du disque et du spectacle de chez nous (du 1er juin 2001 au 31 mai 2002). C'est comme au temps des Beatles: quand Bélanger est dans le paysage, il y a lui et il y a les autres. Le gaillard ou son brillant album Rêver mieux se retrouvent donc en nomination partout où ils pouvaient l'être, et d'abord dans six catégories artistiques majeures: album - meilleur vendeur, album pop-rock, auteur ou compositeur, chanson populaire, interprète masculin, spectacle - auteur-compositeur-interprète. La section des Félix techniques et industriels est également tapissée.

Pas si loin derrière — mais inévitablement derrière — font bonne figure les habituelles têtes d'affiche: Sylvain Cossette, Éric Lapointe, Isabelle Boulay, Natasha St-Pier atteignent chacun le quota des cinq nominations sans lesquelles leur présence à longueur d'année dans les médias électroniques serait une coupe glacée sans cerise. Logique de l'industrie: plus on en mange, plus on nous en fait manger. À quatre mentions, Garou continue ainsi sur sa lancée, même s'il n'a offert de neuf qu'un disque live (son duo avec Céline Dion lui vaut deux nominations de plus, boni de compagnie). Daniel Boucher, lui, récolte trois nominations en queue de parcours de Dix milles matins alors que son deuxième album est imminent. À trois potentielles palmes itou, notons la percée du chouette groupe ska Yelo Molo et la consécration de Mara Tremblay, qui égalent Luce Dufault, Lynda Lemay et Kevin Parent (en perte de vitesse, ceux-là).

Embouteillage...

Et les autres? Nombreux, les autres. On le constate en dépliant le dépliant fourni hier. Pub en forme de miniposter, on y voit tous les disques récents des artistes en nomination (ou les photos des artistes, faute de disque): sacrée foule. Sacré embouteillage chez les disquaires. Sous les illustrations, les nominations artistiques sont énumérées. En très petits caractères. Ce sont les images que l'on voit, carrés identiques. Bélanger, Pier Béland, même combat. Logique de l'ADISQ, encore: le gala se veut avant tout une vitrine, où tout le monde doit sortir au moins un peu gagnant.

Aussi étale-t-on le produit, du dernier Joe Bocan (album jeunesse) au dernier WD-40 (album alternatif). Jusqu'à la bande sonore originale du film Les Boys III qui a sa place. Les plus belles surprises? Les Cowboys Fringants et Mes Aïeux deux fois nommés, Pierre Flynn enfin là parmi les auteurs-compositeurs de l'année et l'increvable Pierre Harel dans la catégorie album rock pour son Félix en colère. Au chapitre des incongruités, signalons Charlebois, dont l'album Doux sauvage est classé folk contemporain. À cause des guitares acoustiques, suppose-t-on. Pour l'auteur de Ma boulée, c'est le retour à la case départ.