Des lieux pour la musique - Le Conseil de la culture a commandé une étude sur l'activité musicale de la région de la capitale au cours des dix dernières années

Québec — Les secteurs des musiques classique, ancienne, contemporaine et jazz s'estiment lésés dans la capitale. Ils réclament davantage d'appuis financiers et des lieux de diffusion dédiés à leur art.

Pour appuyer ses dires, la Table de la musique au Conseil de la culture a commandé une étude sur l'activité musicale dans la région au cours des dix dernières années. Le document rendu public hier démontre qu'avec ses quelque 1225 concerts par année et ses 250 000 spectateurs, la musique représente l'activité en arts de la scène la plus importante de la région.

Toutefois, on souligne que, malgré cet apport, les lieux de diffusion sont limités: «Il n'existe pas à Québec, à ce jour, de salle conçue et consacrée exclusivement à la musique. En comparaison, le théâtre en compte quatre, voire cinq», note l'auteur de l'étude, Marc Gourdeau, également responsable du centre de diffusion théâtrale Premier Acte.

Le Grand Théâtre, où ont lieu les concerts de l'Orchestre symphonique et de l'Opéra de Québec, présente également les productions du Théâtre du Trident ainsi que de la danse, de la chanson et de l'humour.

Le milieu de la musique classique fonde donc beaucoup d'espoir sur la transformation du Palais Montcalm et la consolidation de l'Espace Bon-Pasteur. «Ce sont les deux initiatives qui font bouger les choses en musique à Québec. Pour nous, le Palais Montcalm est l'une des clés du développement», a déclaré le président de la Table, Jean-Pierre Pellegrin.

Le Palais Montcalm, qui a fait l'objet d'imposants travaux, devait rouvrir ses portes au printemps. En plus de fournir une résidence permanente aux Violons du Roy, le projet baptisé «Maison de la musique» comprend l'aménagement d'un studio d'enregistrement ainsi que d'une petite salle de spectacle consacrée à la relève.

Or, des dépassements de coûts de l'ordre de quatre millions ont de nouveau retardé son ouverture, en plus de placer la Ville de Québec dans l'embarras par rapport à un projet qui aura nécessité des investissements de 23 millions. À un peu plus d'un mois des élections municipales, l'étude du Conseil de la culture vise en outre à lancer un appel aux différents candidats à la mairie. Jean-Pierre Pellegrin a d'ailleurs précisé hier que chacun d'eux recevrait sa copie du document.

Des moyens pour l'Espace Bon-Pasteur

Quant à l'Espace Bon-Pasteur, il accueille un nombre grandissant de concerts. On le considère par ailleurs comme le berceau de nombreuses compagnies telles que les Violons du Roy, le choeur Les Rhapsodes ou l'Ensemble Anonymus.

Ses responsables réclament maintenant qu'on lui accorde un financement récurrent: «L'organisme fonctionne en mode location, ses ressources financières ne lui permettant pas encore d'agir en tant que diffuseur et de pratiquer l'accueil ou la codiffusion et d'y établir sa propre programmation.»

L'étude se penche aussi sur le financement des ensembles musicaux et suggère que l'activité musicale dans la région pourrait être mieux soutenue par le CALQ: «Les organismes musicaux de la région de Québec ont connu des augmentations [de budget] beaucoup moins importantes que la moyenne des organismes de l'ensemble du Québec.» On met également en évidence le faible apport du secteur privé. Ainsi, parmi les organismes musicaux soutenus par le CALQ, le soutien du privé compte pour 14 % du financement dans la région de Québec alors qu'il est de 26 % à Montréal et de 31 % ailleurs dans la province.

Collaboratrice du Devoir