Musique - Le Festival Pop Montréal donne le tournis

Le quatrième Festival Pop Montréal, qui débute ce soir et continue jusqu'à lundi, présente un si grand nombre de concerts qu'il serait trop long d'en faire le décompte. En plus, tous ces concerts sont présentés dans une si courte période qu'il est strictement impossible qu'au moins un conflit d'horaire ne surgisse dans votre planification.

Tous s'entendent, il faudra se transformer en monstres à plusieurs têtes pour arriver à voir tous les spectacles désirés dans l'horaire généreux et touffu du festival. Jusqu'à lundi, toutes les soirées comprennent plus d'un événement incontournable. La mission que s'est donné le festival de faire de Montréal une plaque tournante de la musique alternative en Amérique du Nord finira bien par s'accomplir, ne serait-ce que par la quantité.

Ce festival, que les organisateurs disent eux-mêmes «complètement saturé», cherche à procurer le plus de nuits blanches possible aux festivaliers. Structure ouverte mise sur pied par des «tripeux» de musique, le festival présente une affiche de grande qualité, en plus de promouvoir un éclectisme à tout crin. Beck est certainement le nom le plus connu de tout le programme, alors qu'Interpol, de retour au festival, est devenu depuis une des coqueluches internationales de la musique alternative. Sur la scène locale, la soirée Bonsound avec l'omniprésent Champion et les impressionnants Plaster, qui lanceront leur très attendu album sous peu, est à ne pas manquer, ce soir, au Cabaret.

Autrement, chacun y va de ses choix personnels. Avoir la possibilité de voir tous les concerts sur notre liste, voici ce que cela donnerait: Joseph Arthur, The Dirtbombs, la soirée entière de l'étiquette Arts and Crafts (l'étiquette de Broken Social Scene), Architecture in Helsinki (avec le Montréalais Patrick Watson), The Dagons (sorte de White Stripes inversés), Black Mountain et quelques autres. Samedi seulement, il nous faudrait plus d'une page pour nommer tout ce qui est intéressant.

Côté scène locale, le menu est aussi alléchant: les Hot Springs, les trop invisibles Gwenwed (en première partie de Malajube), The Unireverse, les Gutter Demons, Geneviève et Mathieu, les Navets confits, Malcolm Baud (ex-Frenetic) et aussi Wolf Parade, dont l'album qui sort le 27 septembre vient de se mériter une critique extraordinaire sur le site Internet de Pitchfork. Aussi, il faudra aller voir Yesterday's Ring, avec leur folk punk (Quai des brumes). Le groupe est formé de membres des Saint-Catherines, qui est devenu le premier groupe québécois mis sous contrat par l'étiquette punk californienne Fat Wreck Chords, propriété de Fat Mike de NOFX. On ne les verra donc plus avant longtemps.

L'autre qualité de Pop Montréal est de mettre en relation des groupes indépendants d'un peu partout avec des membres de la scène locale. Il faudra d'ailleurs consulter les oracles pour savoir comment Islands, le groupe montréalais formé d'anciens Unicorns, s'est ramassé en première partie de Beck, au Centre Bell, alors que, sauf erreur, ils n'ont encore aucun concert derrière la cravate. Finalement, le recours à un réseau étendu de salles montréalaises est un des bons coups du festival: du Centre Bell au Zoobizarre, rue Saint-Hubert, en passant par le Main Hall, la Green Room, le Divan Orange et le Barfly, un large éventail de salles a été mis à contribution. Les détails sur le site www.popmontreal.com.