Concerts classiques - Habemus pas grand-chose

La belle affiche: Itzhak Perlman, l'une des rares stars de la musique classique, reconverti en chef d'orchestre et dirigeant sa fille dans un programme d'oeuvres célèbres du répertoire. On s'attend à une salle pleine, elle l'est quasiment pour un concert pas déshonorant, pas transcendant non plus.

Les violons, dans l'ouverture de la Force du destin comme dans le passage central de la Valse de la 5e Symphonie de Tchaïkovski, s'appliquent à donner au maestro Perlman le meilleur d'eux-mêmes dans les traits difficiles. Par ailleurs, l'abord interprétatif de l'ouverture est assez séquentiel et les accents, pourtant bien respectés, ne font naître aucun dramatisme. La 5e Symphonie de Tchaïkovski bénéficie d'une bonne lecture de la partition, linéaire et vigoureuse. Les tempos des mouvements centraux sont justes. Mais de la lecture intelligente à l'interprétation frémissante il y a un pas, non franchi hier. On relèvera au passage quelques vulgarités dans les équilibres et les transitions, notamment dans un Finale particulièrement clinquant.

Dans le 2e Concerto de Chopin, celui en fa (en non le 1er, en mi, comme indiqué et analysé dans le programme) l'orchestre prend des vacances: semi-allongés sur leurs chaises, les violons déroulent une tapisserie fadasse, alors que les trompettes manquent de discrétion. Navah Perlman a le grand mérite, contrairement à Janina Fialkowska récemment, de ne jamais laisser un effet pianistique interrompre la ligne musicale. Son approche est fluide, élégante, mais la main gauche souligne les contours au lieu de donner une assise. Cette musicalité fine et intelligente s'abîme hélas dans un Finale inconsistant et sans rebond, parfois même laborieux.