France - Sus au conservatisme musical

Berlin — Le Belge Gérard Mortier, directeur de l'Opéra de Paris, s'en prend au conservatisme français à l'égard de la musique contemporaine et au goût de son successeur à Salzbourg pour les événements au détriment de l'Art, dans un entretien au journal allemand Die Welt am Sonntag.

Les résistances à l'égard de la musique contemporaine sont fortes en France, relève le sexagénaire, en référence aux critiques qu'il affronte à Paris pour son répertoire.

«Au fond, la France est incroyablement conservatrice. Il n'y a pas de rubriques culturelles digne de ce nom [dans la presse], et il n'y a pas de penseurs courageux. Il suffit de comparer [le philosophe français] Bernard-Henri Lévy avec [le philosophe allemand] Jürgen Habermas, et vous verrez la différence», précise Gérard Mortier, qui était à Salzbourg avant de s'installer à Paris.

Commentant le travail de son successeur à Salzbourg Peter Ruzicka, Gérard Mortier estime qu'il est «bien joli que La Traviata, avec Anna Netrebko et Rolando Villazon, réalise 20 000 billets commandés à l'avance. Mais c'est juste un événement, et pas de l'art. L'industrie du disque a transformé les chanteurs en popstars: mais elle est quand même en crise et elle nuit au sérieux de l'opéra».