R.I.P. Groovy Aardvark

Le groupe avait annoncé sa séparation l'été dernier. Formé à Longueuil en 1986, Groovy met la clé sous la porte. Les trépidations de la vie sont venues à bout du groupe. Les gars ont vieilli, ont dû se trouver des «jobs steady», des mômes ont poussé, et les possibilités de faire de la musique se sont émoussées. Donc, sortie... par la grande porte. «Il y a eu confusion, admet le leader de la formation, Vincent Peake. La décision était prise l'été dernier, mais il a toujours été clair qu'il y aurait une tournée jusqu'en août 2005.» Et si jamais Groovy Aardvark se rappelle à son public en 2006, pour ses vingt ans, «ce sera un petit quelque chose. Dans nos têtes, dans nos coeurs, ça finit cet été.»

Le dernier album contient quatorze grands succès en plus de trois chansons inédites et trois nouvelles chansons. Sur la pochette, les musiciens de Groovy Aardvark se montrent intronisés au musée de cire du rock'n'roll. Le cartel d'exposition informe que nous sommes devant des «pionniers du rock alternatif au Québec, 1986-2005». Or, l'épithète, Groovy ne l'aura pas volée.

Avec Grim Skunk et B.A.R.F., le quatuor a repoussé les barrières de la musique alternative. Resté farouchement indépendant tout au long de sa carrière, Groovy a connu les joies du succès commercial en 1996 et 1997, avec l'album Vacuum qui comprenait notamment le tube Dérangeant et la reprise du P'tit Bonheur de Félix Leclerc. «En 1996, c'était la mode Greenday et Offspring. Je sais que les gens de l'industrie cherchaient un pendant québécois. On avait sorti Vacuum, il y avait du matériel commercialisable. La porte s'est ouverte pour nous à ce moment, elle s'est refermée un an et demi plus tard. On n'a pas insisté pour continuer dans cette continuité. On a fait l'album Oryctérope, qui était plus dark, sans aucune considération pour la radio. On savait en même temps qu'on était un peu la saveur du jour. Ce n'était pas une déception.»

Malgré les succès d'estime et le nombre de fans grandissant, le groupe-phare n'a jamais réussi à décoller réellement, du moins selon les critères de l'industrie. De fait, Groovy Aardvark a tiré le diable par la queue, bien que sa renommée l'ait mené en 1996 à une tournée européenne en Allemagne, au Danemark et en France. Cette tournée, d'ailleurs, est à la source du seul regret de Peake: «À l'international, on n'a pas eu les débouchés qu'on aurait voulus. La réaction était tellement bonne. On a cru pouvoir y retourner et y faire carrière. Mon gros regret, c'est de ne pas y être retourné souvent.»

À partir du 15 avril, le groupe se lance dans une tournée de 25 concerts qui le mènera, entre autres, sur les scènes du Festival d'été de Québec et des FrancoFolies de Montréal à l'été. Personne n'aurait pensé, il y a 19 ans, que la carrière du petit groupe «speedcore progressif» de Longueuil culminerait ainsi.
1 commentaire
  • daigle annie - Inscrite 26 juin 2005 17 h 22

    La musique commercial

    C'est avec regret que nous allons perdre un bon groupe de musique comme Groovy Aardvark. Je respecte les groupes de musique comme groovy et qu'ils choissent de rester authentique.La radio commercail préfère les groupes pré-fabriqué au lieu de la musique qui a du style et de l'originalité. Le manque de visibilité est une grande cause de la perte de plusieurs groupes de musique. Les médias commerciaux tuent la créativité, et L'ART DE MUSIQUE pour le style prêt à jetter.

    Depuis au moins 10 ans, je me fessai un plaisir d'assister aux show de Groovy. Maintenant, il annonce leur fin... Merci d'avoir été ce vous êtes. Vous allez me manquer...