Rentrée spectacles: un tour du bloc pour commencer

En janvier, il y aura lui. Et lui. Et lui. Tout le tour de lui. Michel Rivard propose en effet un grand «Tour du bloc», une promenade à travers son demi-siècle de scènes.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir En janvier, il y aura lui. Et lui. Et lui. Tout le tour de lui. Michel Rivard propose en effet un grand «Tour du bloc», une promenade à travers son demi-siècle de scènes.

Heureusement qu’on peut se fier à Flybin. En janvier, il y aura lui. Et lui. Et lui. Tout le tour de lui. Michel Rivard propose en effet un grand Tour du bloc, une promenade à travers son demi-siècle de scènes (60 ans si l’on ajoute l’avant-Beau Dommage : Quenouille Bleue, Famille Casgrain, ça remonte à loin). Après le théâtre de l’origine de son espèce, une revisite du répertoire est la bonne manière de revenir à aujourd’hui : en chansons.

Mais encore ? Pas fort, l’encore. À croire que l’hiver et le printemps servent à passer le temps en attendant la saison des festivals, Francos, FIJM, Osheaga. Il y a Montréal en lumière, en février, mais entre les bouchées et les projections, la part de la chanson et de la musique y est si congrue (le Riopelle symphonique à Wilfrid, Kimbra et Caroline Savoie au Studio TD, Bon entendeur au MTelus) qu’elle passe un peu inaperçue.

On soulignera tout de même, à la naissance de mars, un 1969 prometteur, spectacle de l’album collectif du même nom, qui réunira Half Moon Run, les Soeurs Boulay, Matt Holubowski, Safia Nolin, Elliot Maginot, Elisapie, Claudia Bouvette, Jason Bajada et Joseph Mihalcean au MTelus. Un soir à la Francos, tiens. Pour ne pas dire : un soir à l’ancienne manière de Montréal en lumière. Notez : un soir. Un soir n’est pas une rentrée, certainement pas une saison non plus.

La saison de Bruce sans Bruce

Rentrée timide, mais rentrée. Il y aura bien Journey, et puis Muse, et surtout l’exceptionnelle Weyes Blood, durant le même mois. Il y aura Milk & Bone qui, après un peu de rodage en Ontario, nous gratifiera d’une première média pour l’album Chrysalism au Centre Phi. Bleu Jeans Bleu, à partir du 27 janvier au Club Soda, va promener son Top Minou un peu partout, l’année durant. Et n’oublions pas Paul Piché qui, mine de rien, passe de la tournée anniversaire des 40 ans de carrière à celle des 35 ans de l’album Sur le chemin des incendies, et franchira l’un ou l’autre pont (celui qui sera ouvert) pour rallier L’Outremont à la première de février.

Mais ni ce mois-là, ni les précédents, ni les suivants n’aura-t-on ce dont on a le plus besoin. À savoir : le retour à la scène de Bruce Springsteen et son E Street Band. Ni Montréal ni Québec, aux dernières nouvelles, ne sont pressenties dans l’équipée. La tournée salutaire du printemps ne nous concerne pas : Bruce et cie démarrent en février à Tampa, roulent un grand bout aux États-Unis, vont réveiller les vieux pays et après, on verra. Rêvons d’Osheaga, du FEQ, à tout hasard l’an prochain, vivons d’espoir.

Certes, il n’y a pas que Bruce pour se refaire une santé, mais c’est pour la génération du signataire de ces lignes un symbole. De disette. Ce n’est pas en arrachant ce qui nous reste de tympans au MTelus avec le sourdingue George Thorogood et ses Destroyers qu’on se nourrira l’esprit et la panse. Ça assommera, plutôt. Certes, pour une autre génération, c’est la revoyure de Blink-182 qui fera la bruyante affaire (en mai, comme Thorogood). Il faudra néanmoins attendre août et Metallica au Stade olympique pour du vrai bruit. Ce ne sera plus tellement la rentrée, remarquez : trois shows caniculaires. Gare à l’érosion, à l’effritement, à l’effondrement. Ce stade est en sursis, faute d’utilité constante.

Gare à la billetterie boursière

En lieu et place de Bruce, on aura des suppléments de frais. Si vous n’avez pas vos billets pour Angèle, par exemple, pensez marge de crédit. La belge idole, qui s’amène fin avril au Centre Bell, présentée par Evenko/Live Nation, est sous le régime boursicotant qui rend le prix des billets restants tributaires de la demande. Pour Roxane Bruneau au même endroit, voire Depeche Mode ou Muse, ça devrait aller. Mais Lizzo, le 4 mai ? Si ce n’est pas déjà complet, ce sera gratiné.

Peut-être s’agit-il plus avantageusement de suivre les artistes pas mondialement suivis. Un Duu, par exemple, auteur-compositeur-musicien inclassable et québécois, sera les 20 et 21 janvier dans de petits lieux chaleureux pour offrir les pousses de son album Arboretum : le Pantoum à Québec, et l’Ausgang Plaza àMontréal. C’est assurément là que l’on se sentira vivre, dans la joie odorante, olfactive, bref, dans le compost sensoriel des premiers signes avant-coureurs du printemps. Le Taverne Tour, à ce titre, invite là où les artistes nouveaux et moins nouveaux continuent leur travail de proximité. Le tour des terrains autour du bloc, en quelque sorte.

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