«Sonates pour violon et piano nos 1-3», Robert Schumann, Andrew Wan et Charles Richard-Hamelin

Le tandem québécois, après son intégrale des sonates pour violon et piano de Beethoven, se tourne vers Schumann au moment même où paraît chez DG la 1re Sonate de Schumann par Martha Argerich et Renaud Capuçon. Malédiction ? Halte aux conclusions hâtives, car Wan et Richard-Hamelin font de la bien belle musique, là où Capuçon, dans le troisième mouvement de la sonate, bousculé par le tempo échevelé d’Argerich, émet de disqualifiants et disgracieux couinements essoufflés. Voilà donc réglée la question de la huppée concurrence immédiate. Ce Schumann opère un recadrage sonore bienvenu par rapport aux Beethoven avec un son plus « chambriste », un peu plus sec et direct. Le disque bénéficie de l’ajout de la Sonate WoO 27 par rapport aux deux sonates traditionnelles. Un plus, donc, sur Kremer-Argerich, référence habituelle. Ce CD, excellent, juste et d’un goût ainsi que d’un équilibre très sûrs fait cependant face (comme les Beethoven avec Zimmermann-Helmchen) à la concurrence d’une réussite stratosphérique absolue : Tetzlaff-Vogt chez Ondine.

Robert Schumann

★★★★
Classique

Sonates, violon et piano nos 1-3, A. Wan, C. R.-Hamelin, Analekta AN 2 9003

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