«Schubert. Transfiguration», Le Concert des Nations, Jordi Savall

Il est fascinant d’aborder cet enregistrement après avoir tenté de digérer celui d’une autre vedette du baroque, René Jacobs (Pentatone), épuisant, voire écoeurant, à force de fatuité. Si l’on évoque l’horreur de Jacobs pour grandir Savall, c’est parce que l’humilité et la déférence de Savall devant l’oeuvre s’opposent en tout à Jacobs et que ça change tout. N’attendez au fond rien de particulier de Savall, en tout cas aucun « geste interprétatif ». Son apport, ici, ce sont les timbres, les volumes, les équilibres et les couleurs (il faut toutefois se faire aux cuivres anciens…). Mais Savall ne touche pas à Schubert, c’est-à-dire ne bouscule pas l’architecture. Nous avons évidemment ici une Grande avec toutes les reprises, fermement campée, mais pas brutalisée, sinon Savall ne pourrait pas la colorer autant. On retrouve donc le bonheur d’un équilibriste tel que Brüggen, mais dans une approche un peu plus scandée, qui pourra surprendre dans l’Inachevée. Cet album est idéalement complémentaire aux symphonies de Beethoven.

Schubert Transfiguration

★★★★
Classique

Le Concert des Nations, Jordi Savall, Alia Vox, 2 CD, AVSA 9950

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