Nicolas Ellis nommé premier chef invité des Violons du Roy

Le chef d'orchestre Nicolas Ellis
Photo: Hubert Hayaud Le Devoir Le chef d'orchestre Nicolas Ellis

Le jeune chef d’orchestre Nicolas Ellis, 32 ans, sera premier chef invité des Violons du Roy à partir de la saison 2023-2024. Il dirigera les Variations Goldberg, de Jean-Sébastien Bach, dès le 24 novembre. M. Ellis devra aussi contribuer « à la stabilité et à la continuité de l’équipe artistique », selon les Violons du Roy, alors que le directeur musical anglais, Jonathan Cohen, est de plus en plus convoité à l’étranger.

Pour les trois prochaines saisons, M. Ellis dirigera plusieurs programmes des Violons du Roy, tant en saison régulière que lors de festivals et de tournées.

Nicolas Ellis collabore avec cet orchestre de chambre depuis 2018. M. Ellis était alors entré à la direction de l’orchestre comme chef invité, remplaçant d’abord Bernard Labadie, puis Jonathan Cohen quand ce dernier a fait une tournée américaine.

Collaborateur artistique de l’Orchestre Métropolitain et de Yannick Nézet-Séguin, Nicolas Ellis a aussi été chef en résidence à l’Orchestre symphonique de Québec. Le jeune chef, originaire de Chicoutimi, tiendra la maison des Violons du Roy, en quelque sorte, au moment où Jonathan Cohen est de plus en plus appelé par des contrats à l’extérieur du pays.

Chefs voyageurs

Laurent Patenaude, codirecteur général et responsable de l’administration artistique des Violons du Roy, a assuré au Devoir que la nomination de Nicolas Ellis n’était pas une réaction à l’acceptation récente par Jonathan Cohen du poste de directeur artistique de la Handel and Haydn Society de Boston à compter de la saison 2023-2024.

« Les discussions avec Nicolas Ellis sont en cours depuis des mois », a déclaré M. Patenaude. Cela dit, le fait que le directeur des Violons du Roy lorgnait avec insistance le poste à Boston est un secret de Polichinelle depuis de nombreux mois aussi.

Les Violons du Roy avaient donc tout intérêt à s’attirer les services de ce jeune chef québécois doué et très apprécié, qui, pour une raison inconnue, s’est trouvé exclu de la course à la direction musicale de l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ), avec lequel il avait pourtant travaillé assidûment et avec succès pendant la pandémie. L’OSQ ne fait pas mystère du fait que son carré d’as est désormais constitué d’Emilia Hoving, Jordan de Souza, Anu Tali et Clemens Schuldt.

Il est en effet important pour un orchestre d’ici d’avoir un visage familier auquel le public puisse réellement associer une institution. Mathieu Lussier, qui en 2013 remplaçait à la direction des Violons du Roy, témoignait récemment avoir remarqué ce phénomène lorsqu’il occupait ce type de poste pendant l’absence de Bernard Labadie pour cause de maladie. Il fidélisait un public à ses concerts autant ou plus que des chefs invités prestigieux.

La présence de Nicolas Ellis sera donc extrêmement rassurante pour les musiciens et les mélomanes. Il sera en soutien d’un directeur musical entre deux avions. Le temps, peut-être que passe la mode des touristes musicaux médiatiques, qui cumulent quatre ou cinq casquettes et sont partout sans être nulle part, sauf, au fond, auprès de l’orchestre qu’ils ont créé eux-mêmes — dans ce cas Arcangelo en Grande-Bretagne.

Nicolas Ellis dirigera les Variations Goldberg pour les Violons du Roy dès les concerts du Festival Bach, soit le 24 novembre à Québec et le 27 novembre à Montréal.

Avec Catherine Lalonde

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