«Riopelle symphonique» prend son envol

Serge Fiori et l'arrangeur Blair Thomson
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Serge Fiori et l'arrangeur Blair Thomson

GSI Musique, la société de Nicolas Lemieux, a procédé mardi à la Place des Arts au lancement de l’album Riopelle symphonique et au dévoilement du spectacle afférent, qui fera l’ouverture de Montréal en lumière le 16 février prochain. Projet conçu par Nicolas Lemieux et réalisé sous sa direction artistique, Riopelle symphonique est une composition pour orchestre et choeur de Blair Thomson sur des thèmes de Serge Fiori. Le projet est réalisé en partenariat avec la Fondation Jean Paul Riopelle, dans le cadre des célébrations du centenaire du peintre, en 2023.

Si la dénomination « Riopelle symphonique » a une consonance familière, c’est que le projet est celui d’un entrepreneur qui en a conçu d’autres et auquel rien ne semble résister. « Symphonique », comme dans « Montréal symphonique », le projet emblématique du 375e anniversaire de Montréal, un défilé de chanteurs qui a réuni l’Orchestre Métropolitain et l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) sous les yeux des caméras de Radio-Canada, ou comme dans « Harmonium symphonique » (I et II) et « Bébé symphonique ».

L’OSM, en la matière, est engagé par GSI pour fournir la partie orchestrale du produit musical, artistiquement ficelé en amont. La cheffe de la direction de l’orchestre, Madeleine Careau, saluant « la vision de Nicolas Lemieux » et applaudissant « l’inspiration de Serge Fiori », a exprimé mardi sa « joie de participer à un projet aussi ambitieux ». Sur le fond, l’idée de Nicolas Lemieux est un cycle « musique et peinture ». Interrogée par Le Devoir, madame Careau dit ne pas encore connaître le sujet du second volet.

Au nom de la Fondation Riopelle, Manon Gauthier a rappelé la mémoire « d’un artiste pour lequel toutes les formes d’art étaient symboles de liberté », et a salué GSI et l’équipe créative comme faisant partie des « plus grands visionnaires et plus grands créateurs de chez nous ».

Fiori déconstruit

Dans sa présentation de Riopelle symphonique, le producteur et directeur artistique Nicolas Lemieux a décliné les diverses étapes du projet. « Pour célébrer Jean Paul Riopelle de façon musicale avec un orchestre symphonique, ça me prenait vraiment de bons ingrédients. On devait ressentir le gars, l’artiste et le peintre magnifique. » Nicolas Lemieux souligne le sérieux de la recherche historique réalisée pour comprendre le peintre. « Mon premier choix a été de dire à mon partner : “Qu’est-ce que tu dirais si j’embarquais encore Serge Fiori dans une aventure ?” On a pensé que c’était un bon fit. » Mais comment traduire cela ? Serge Fiori a donc choisi sept chansons de son répertoire hors Harmonium (La moitié du monde, La vague, L’étrange, Si bien, Laisse-moi partir, Seule, Jamais) pour illustrer sept étapes de la vie de Riopelle, une idée de Nicolas Lemieux, qui, dans le spectacle, associera le parcours du peintre à la migration des oies.

C’est là qu’est entré en scène Blair Thomson : « Il y a un côté très physique et émotionnel par rapport au travail de Riopelle, la façon de peindre, de créer ses environnements. Je cherchais le bon partner pour coller ça avec mon ami Fiori, et c’est tombé sur Blair Thomson, un gars vraiment sensible, une sensibilité sur les notes de musique qui apporte une dimension vraiment incroyable. Je lui ai dit : “Le mot premier, c’est liberté.” Je veux raconter, faire vibrer l’émotion par rapport à toute la carrière de Jean Paul », relate Nicolas Lemieux.

En pratique, Blair Thomson a déconstruit les chansons en des compositions originales : « Je voulais que l’auditeur fasse partie de la création. Un accord, une mélodie… Au début, on ne sait pas du tout ce qu’est la chanson. Et tranquillement les choses arrivent, mais les lignes sont tordues, compressées. Mon interprétation de Riopelle réside dans la sensualité. J’ai utilisé les mêmes techniques, couche par-dessus couche, même rythmiquement, avec de grosses vagues et des crescendos et decrescendos qui prennent du temps. »

Pour les enregistrements, qui ne sont accessibles ni en CD physique ni sur les plateformes d’écoute, mais uniquement sur le site riopellesymphonique.com, Adam Johnson dirige l’OSM, les Petits Chanteurs de Laval et le choeur Temps Fort. Les concerts Riopelle symphonique, avec les mêmes protagonistes, conjugueront musique, projections et scénographie confiées à Gabriel Poirier-Galarneau. Ils évoqueront en cinq actes les grandes périodes de la vie de l’artiste. Les premières dates sont les 16, 17 et 18 février 2023 à Montréal. Une deuxième série suivra les 8 et 9 septembre 2023 à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec.

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