«Hans Rott», Jakub Hrůša

Lorsque la Symphonie (1878) de Hans Rott nous fut révélée en 1989 par Gerhard Samuel chez Hyperion, ce fut un choc. Ce compositeur mort fou en 1884 à l’âge de 25 ans avait anticipé dans sa symphonie, et notamment son 3e mouvement, des pré-échos de la 1re Symphonie (le 2e mouvement dans le thème principal), la 2e Symphonie (5 min 05 s !) et Das klagende Lied (6 min 10 s et suivantes), voire la 5e Symphonie (9 min 20 s) de Gustav Mahler. En gros, Mahler est en germe chez Rott et il est tétanisant de voir à quel point. Par contre, il est tout aussi indéniable que Mahler a réussi à canaliser un langage qui, ici, se disperse avec indiscipline. Chose certaine : tout amateur de Mahler doit connaître la Symphonie de Rott. Cela dit, les versions se multiplient de manière déraisonnable et lassante… sauf dans le cas présent. Du coup, la discographie compte désormais trois références qui vont chronologiquement et en crescendo de Leif Segerstam (BIS, 1992), Paavo Järvi (RCA, 2012) à, désormais, Jakub Hrůša, qui domine le lot par sa plénitude orchestrale.

Cliquez ici pour découvrir un extrait.

Hans Rott

★★★★ 1/2

Orchestre symphonique de Bamberg, Jakub Hrůša, DG 486 2932

À voir en vidéo