«Anhédonie», Pierre Guitard

Photo: Pierre Guitard

Anhédonie. Un joli mot, qui ressemble à un prénom. Merci à Th. Ribot, psy du XIXe, pour le néologisme. Merci à Pierre Guitard pour la lumière qu’il dirige droit dessus, éclairant dès le titre ce deuxième album. Le mot désigne « la perte de capacité à ressentir du plaisir et de l’intérêt ». Ce disque, chanson après chanson, tente de réchauffer ce mal-être. Dans Ce n’était pas la première fois, Pierre Guitard a « invité le bonheur pour souper », bonheur trop occupé pour se pointer. Dans Même si on pleure, « le bonheur a pris le bord » : le malheureux a peur de tomber, mais il tend les bras. On avance ainsi, d’impasses en brèches, on se faufile « entre ici et les jours heureux » (un autre titre bien trouvé). À la différence de l’album précédent, où la propension à chantonner pop au-dessus du gouffre était malaisante, Pierre Guitard a trouvé un ton aussi juste que ses mots, et ses mélodies naturellement belles sont empreintes de mélancolie. Ce faisant, quand la lumière passe, on la voit. Même qu’on la ressent. Première du spectacle au Centre Phi le 9 novembre dans le cadre de Coup de coeur francophone.

Anhédonie

★★★★
Chanson

Pierre Guitard, Rosemarie Records

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