«Nocturne», Simon-Pierre Bestion

Il y a le rituel. Il y a le CD. Le disque est-il le reflet du rituel ou son parent pauvre, piètre reflet en noir et blanc ? Cette exacte question se posait pour Le voyage d’hiver de Joyce DiDonato et Yannick Nézet-Séguin à Carnegie Hall. La vision (nécessité d’un DVD absent) faisait partie du projet. Nous n’arrivons pas à nous convaincre que ce n’est pas le cas de ce Nocturne du troublant Simon-Pierre Bestion, qui reprend Les Vêpres de Rachmaninov. Un reportage sur YouTube nous dit tout de la magie du concert et du jeu sur les volumes, les échos et les résonances, qui ont du sens dans la scénographie du cérémonial, mais dont les perspectives (Rachmaninov dans un jeu de soli-tutti caricatural dans la spatialisation) apparaissent parfois étranges au disque. Pour intégrer les fascinants hymnes byzantins, le périple de l’Opus 37 s’achève à la « Grande doxologie » (numéro XII sur les XV). L’interprétation d’un souffle expressif puissant invite cependant à votre propre rituel : pénombreet bougies. C’est alors envoûtant et fascinant, voire beau à pleurer.

Nocturne

★★★★
Classique

La Tempête, Simon-Pierre Bestion, Alpha 897

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