«Emmanuelle», Rosie Valland

C’est l’un de ces portraits de famille que l’on reproduit en casse-tête. Trois enfants entourent leur mère, il manque pas mal de pièces à gauche. Des morceaux de l’histoire. Rarement une pochette d’album est-elle aussi symbolique ET explicite. La voix dans la courte chanson d’ouverture semble sortir d’un des trous dans l’image. Douceur, fragilité, gravité. Peur et courage à la fois, une mission en cours : « Réussir à faire croire / À tout l’monde autour / Que demain n’t’effraie pas. » Ce troisième album de Rosie Valland s’immisce ainsi dans ce qu’il y a derrière l’image. « Les creux, les ombres et les froids » dans Tour à tour. Les échappatoires, les fuites dans Exil. L’exaspération dans Non merci. Les répits et les alarmes dans Ici-bas. Sur fond de piano électrique sourd, les arrangements électro-pop prennent plus de place à mesure qu’on avance dans l’histoire. La vie continue, comprend-on, faut s’ébrouer. La voix s’affermit, chante l’affirmation de soi : ça mène à Une fin féconde. Portrait complété.
 

Emmanuelle

★★★ 1/2
Chanson

Rosie Valland, Secret City Records

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