À Tadoussac, le pari d'un festival d’été… en automne

Alex Burger avait offert un spectacle country-rock dans le sous-sol de l’église de Tadoussac lors de l’édition 2021 du festival d’automne.
archives Cloé Gagné Alex Burger avait offert un spectacle country-rock dans le sous-sol de l’église de Tadoussac lors de l’édition 2021 du festival d’automne.

La formule estivale du Festival de la chanson de Tadoussac étant déjà un classique de l’offre musicale estivale au Québec, les organisateurs font le pari d’une deuxième édition annuelle, automnale celle-là. Reste à voir dans quelle mesure le public fera la route jusqu’à la porte d’entrée de la Côte-Nord pour venir découvrir le cocktail festif et contemplatif de la fin de semaine.

« C’est un pari risqué », admet d’entrée de jeu le directeur général du festival, Julien Pinardon, rencontré alors qu’il supervisait le montage du site, situé au coeur du village. « Mais l’ambiance de l’automne, l’an dernier, a donné une couleur très conviviale et chaleureuse. On le sentait dans le public et on a eu beaucoup de plaisir à l’organiser », ajoute-t-il, en rappelant que nous étions pourtant alors abonnés aux mesures sanitaires : port du masque, passeport vaccinal, gel désinfectant, etc. Ce contexte n’avait pas empêché les beaux rendez-vous musicaux, notamment avec Pierre Flynn, Alex Burger et Fred Fortin.

D’où l’idée de voir si la formule peut perdurer, maintenant qu’on assume pleinement un retour à la normalité d’avant la COVID-19. De vendredi à dimanche, il y a aura donc 11 spectacles répartis sur deux scènes, soit un dôme extérieur et le sous-sol de l’église. Entre les deux, on a prévu un site parsemé de feux de camp. « On a amélioré le système de chauffage du dôme », laisse tomber Julien Pinardon, en riant. « Mais il y a un côté rassembleur autour des feux de camp. »

La programmation porte quant à elle la signature habituelle du festival, entre les spectacles festifs (Qualité Motel et Hubert Lenoir, notamment) et ceux plus contemplatifs (Tire le Coyote et Matt Holubowski). Le tout dans une formule « encore plus intimiste » que l’édition estivale, avec par exemple une jauge à moins de 170 personnes pour le dôme.

« Cette année, c’est la véritable première édition, parce qu’il n’y a plus de contraintes sanitaires. C’est là qu’on va voir si c’est viable et s’il y a de l’intérêt de la part du public, mais on aimerait pouvoir faire les deux éditions dans les prochaines années. On veut que les gens viennent découvrir la Côte-Nord dans une période moins habituelle. On sent qu’il y a un potentiel », explique celui qui dirige le festival, qui tenait en juin sa 38e édition estivale.

La réponse pour cette édition d’octobre est d’ailleurs « bonne », souligne Julien Pinardon. Les ventes de « dernière minute » sont toutefois toujours une source d’incertitude pour les organisateurs, qui peuvent accueillir environ 400 personnes au sous-sol de l’église pour le spectacle d’Hubert Lenoir et Lydia Képinski.

Hors saison

 

Matt Holubowski n’a pas été difficile à convaincre, dit-il lui-même, en précisant que son spectacle au festival sera le dernier de la tournée de l’album Weird Ones, sorti en pleine pandémie. « Je suis vraiment un gars d’automne. Je n’aime pas particulièrement l’été et quand je prends des vacances, c’est souvent dans un chalet, dans le bois, l’automne ou l’hiver. Je ferais donc tous les festivals en automne. La température est tellement plus agréable, mais aussi les couleurs qu’on va voir à Tadoussac. Et ma musique est très introspective, donc elle se marie très bien avec l’automne. »

Qualité Motel, qui espère pour sa part insuffler un dernier soubresaut d’été samedi soir, malgré le mercure à peine au-dessus de zéro, salue l’idée d’inviter artistes et public à découvrir le village en dehors de l’habituelle saison touristique. « Il y aura très certainement une ambiance différente de celle de l’été, mais la route est belle et il y a toujours la traditionnelle traversée, avant de mettre les pieds sur la Côte-Nord. C’est magnifique et on a rarement l’occasion de s’y retrouver à l’automne », fait valoir France Basilic, un membre du groupe qui a déjà quelques participations à son actif.

Selon lui, il faut donc appuyer la tenue de ce genre d’événement hors des grands centres et hors saison des festivals d’été. « Il faut soutenir collectivement la culture et sortir de la stricte rentabilité économique. Un événement comme ce festival, qui se tient à l’automne, va probablement attirer un peu moins de public. Mais ce sont des petits événements importants, où les gens peuvent vivre quelque chose de particulier, dans un contexte automnal. »

Une version précédente de ce texte, qui identifiait erronément le chanteur sur la photo, a été modifiée.

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