Toujours en deuil, Depeche Mode rencontrera en tournée des fantômes «douloureux»

Martin Gore lors d'un spectacle en Suisse en 2018
Fabrice Coffrini Agence France-Presse Martin Gore lors d'un spectacle en Suisse en 2018

Martin Gore, co-fondateur de Depeche Mode et son principal auteur-compositeur, s’attend à voir des fantômes lors de la tournée mondiale du groupe britannique après le décès de son camarade Andy Fletcher, a-t-il déclaré mercredi dans un entretien à l’AFP.

La mort soudaine du claviériste Fletcher en mai, après quatre décennies de collaboration, continue de hanter le groupe britannique qui a annoncé mardi à Berlin la sortie d’un nouvel album en 2023 et une tournée mondiale dans la foulée, la première depuis cinq ans.

« Andy adorait les bars d’hôtels. Alors que nous allons voyager autour du monde, je m’attends à le voir assis aux bars des hôtels avec une pinte devant lui. Je ne peux pas m’en empêcher », dit Gore, 61 ans.

« J’ai compris en rentrant dans l’hôtel à Berlin, quand j’ai vu le bar où je l’ai vu tant de fois, que cela allait se produire de nouveau pendant notre prochaine tournée », confie le musicien.

« J’ai compris que cela allait être plus douloureux que je l’avais imaginé », ajoute-t-il.

Intitulé Memento Mori, le 15e album studio du groupe devrait sortir en mars prochain.

Inspiré à la fois par la pandémie et par la perte de Fletcher, décédé des suites d’une dissection aortique à l’âge de 60 ans, l’album précédera une tournée, la 19e du groupe, qui débutera en Californie, à Sacramento. Des concerts sont notamment prévus à Londres, Berlin et Paris.

« Son décès a d’une certaine façon cimenté le titre de l’album, confie Gore. Nous pensions qu’il s’agissait d’un bon titre de toute façon, après sa mort, il semblait vraiment juste. »

« Intéressants » pour les jeunes

Depeche Mode a vendu plus de cent millions de disques dans le monde. Parmi ses plus grands succès, Just can’t get enough, Everything Counts, Never Let Me Down Again, ou Walking in my Shoes.

Pionniers de la pop synthétique au début des années 1980, ils ont fait évoluer ce genre jusqu’à s’en affranchir en s’ouvrant aux guitares au début des années 1990.

Gore raconte que de nombreuses chansons du nouvel opus sont inspirées par son soixantième anniversaire et le sentiment rampant de sa propre finitude.

 

Mais il se réjouit aussi de voir de nouvelles générations adopter la musique du groupe, aussi bien ses classiques que les compositions plus récentes.

« Si vous avez des parents qui aiment vraiment un groupe, passent leur musique tout le temps et qu’elle est à peu près convenable, alors les gosses vont aussi l’écouter tout le temps », dit Gore.

« C’est l’une de mes meilleures théories expliquant pourquoi nous avons tellement de jeunes à nos concerts et même qui attendent devant l’hôtel pour nous voir. À chaque fois, c’est une réelle surprise ».

Le groupe se considère selon lui toujours comme un pionnier de la musique électronique, une façon de ne pas sombrer dans la nostalgie.

 

« Nous avons toujours essayé de suivre (la technologie) et il a toujours été important pour nous d’avoir des jeunes prometteurs pour faire nos remix et rester ainsi à la pointe ».

« Je pense que cela nous permet de rester intéressants pour une jeune génération », conclut-il.

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