Roselle se présente avec «Aurore»

Roselle a de sages réflexions soumises dans les chansons de son premier album en carrière.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Roselle a de sages réflexions soumises dans les chansons de son premier album en carrière.

Roselle a de sages réflexions qu’elle nous soumet dans les chansons de son premier album en carrière, intitulé Aurore. Conséquence de la pandémie, explique-t-elle, traversée « au début de la vingtaine, des années durant lesquelles on apprend à se connaître et à s’affirmer. Je me suis rendu compte que j’ai besoin de dénoncer des affaires, de prendre position », mais de le faire avec la douceur qui caractérise son grain de voix, et les grooves soul, jazz, house et électro-pop qui balisent son monde musical.

En plein coeur de cet album faisant le grand écart stylistique entre la chanson jazzée et la ritournelle house se trouve la ballade Fatiguée : « I don’t give a shit about mon tour de hanches / La longueur de mes jambes, mon nez, mes mains, pour toi, qu’est-ce que ça change ? / Que je me barbouille la face ou pas, ça n’appartient qu’à moi ». Fallait que ça sorte, avoue Roselle : « C’est une chanson qui parle surtout des pressions qu’on subit, en tant que femme, et qui font écho à ce que j’ai vécu. »

Sur la suivante, Roselle revient sur le souvenir d’une relation amoureuse : « Combien tes mots me rendaient toute petite / que même en faisant ce qu’il faut / le feu prenait bien vite ».

Se donner le droit d’expérimenter

Sur disque, la douceur et l’agilité de sa voix (découverte, justement, à l’émission La Voix en 2019) contrastent avec celle qui, au bout du fil, explique la genèse de son album.

Cette Roselle-là a du ressort, de la verve, elle parle vite, le sourire dans la voix : « Je trouve qu’on ne laisse pas beaucoup les gens expérimenter, essayer des affaires », dit-elle en faisant allusion, sans la nommer, à la chanson-titre de l’album, qui commence par ce couplet : « L’aurore se lève dans de beaux draps / doucement, me prend, me berce dans ses bras / Sous un rayon de soleil, ma peau se réveille du black-out de la veille ».

« Faire le party, ça ne devrait pas être tabou, poursuit Roselle. C’est important de vivre des choses pour se découvrir sans attendre d’être arrivé à la fin de sa vie et regretter tout ce qu’on n’a pas fait plus tôt. »

Après deux ans de pandémie, l’envie de vivre à fond de train est d’autant plus urgente pour la jeune femme qu’elle est. C’est le grand thème de l’album qui lance la carrière de l’autrice-compositrice-interprète originaire de Lévis, admiratrice du travail de Pierre Lapointe, de Coeur de pirate et d’Ingrid St-Pierre qui, à 17 ans, a fait le grand saut à Montréal pour étudier le chant jazz au cégep Saint-Laurent, après avoir été formée en piano classique.

Après avoir fait trois ans de jazz à l’école, dans un contexte scolaire, je comprends qu’il y a une grosse partie de ce métier qu’on doit apprendre sur le tas

 

À l’issue de la formation, Roselle a accepté de devenir la voix du groupe The Lost Fingers, une expérience « très formatrice ».

« Après avoir fait trois ans de jazz à l’école, dans un contexte scolaire, je comprends qu’il y a une grosse partie de ce métier qu’on doit apprendre sur le tas. J’avais l’habitude de m’accompagner au piano lorsque je donnais des concerts. Je me suis rendu compte, après plusieurs mois dans The Lost Fingers, qu’être chanteuse, c’est beaucoup de pression et de responsabilités, et ça m’a forcé à prendre ma place sur une scène. J’ai redécouvert le métier d’interprète, l’importance de donner un show. »

Elle trépigne déjà à l’idée de présenter le matériel de l’album sur scène, le 21 septembre prochain, au Ministère, boulevard Saint-Laurent à Montréal. « Je vis le rêve de ma vie, je lance un album sur lequel j’ai travaillé fort. Je suis contente de pouvoir arriver sur la scène musicale avec un album de douze chansons dont je suis fière. » Avec raison, voilà une séduisante carte de visite pour la jeune musicienne, qui commence à peine à incarner son nom de scène.

Devenir Roselle

 

Ça vient d’où, d’ailleurs, le nom Roselle ? « C’est venu y’a un an, un matin, après un party de famille, raconte-t-elle. On “brainstormait”, et là, ma grand-mère, assise au soleil dans le fond de la galerie, a sursauté : “Oh mon Dieu, j’ai trouvé : Roselle ! C’est le nom de ma soeur !” Ce n’était pas nécessaire d’avoir un nom d’artiste, mais je trouvais ça intéressant de réduire ça à un seul mot. Et puis mon frère trouvait ça ben cool que j’aie un nom d’artiste. Il me disait : “Come on, c’est plate, Rosalie Roberge !” »

Son frère, Vincent Roberge, a aussi son nom d’artiste, Les Louanges, et une petite longueur d’avance dans sa carrière sur sa soeur cadette, qui joue régulièrement la choriste à ses concerts. Les Louanges coréalise aussi la chanson Je me posais cette question, l’une des plus dansantes de l’album, remixée par Misstress Barbara.

« Sur mon album, j’avais envie de toucher à différents styles musicaux, de me rapprocher de tout ce que j’aime faire — un peu de jazz, un peu de soul, un peu d’électro. Et j’invite les gens à écouter l’album du début à la fin : je n’écoute jamais de simples ou de listes de lecture, je hais ça. Les artistes ont une intention en imaginant leurs albums et l’ordre dans lequel les chansons sont présentées. » Sage réflexion.

Aurore

Roselle L’album est paru sur étiquette L-A be

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