«Gustav Mahler, Symphony no. 4», Sabine Devieilhe, Les Siècles et François-Xavier Roth

Verre à moitié plein ou à moitié vide ? L’orchestre d’une soixantaine de membres est cordé en boyaux, ce qui diminue la puissance des cordes et modifie couleurs et équilibres. Les deux premiers mouvements, une fête sonore, renouvellent positivementnotre perspective. Dans le finale aussi, l’orchestre prend sa juste place face à la chanteuse. Mais François-Xavier Roth veut intellectualiser, appuyer sur sa différence ou démontrer, coûte que coûte, qu’il a raison. Alors, il va faire dans le grand mouvement lent (« Ruhevoll », paisiblement) une sorte de démonstration dogmatique de l’intérêt d’un jeu d’archet (par opposition au vibrato qu’il fuit) hérité des temps baroques. Résultat : des sons crispés, là où les phrases devraient s’épanouir et chanter, et même (un peu après deux minutes !) des passages franchement laids. Question posée : une interprétation est-elle un laboratoire expérimental ? La sous-question s’impose à chacun : quel sera votre degré de tolérance au 3e mouvement pour profiter des merveilles que vous découvrirez dans les trois autres ?


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Gustav Mahler,

★★★

Sabine Devieilhe, Les Siècles, François-Xavier Roth. Harmonia Mundi HMM905357

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